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Le jargon médical, source d'anxiété et d'incompréhension pour les patients

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Savoir écouter les patients et dialoguer avec eux, utiliser des mots simples, tout cela s'apprend. Selon une récente étude britannique, le corps médical a tout intérêt à adapter son vocabulaire et a délaissé le jargon qui brouille la communication et qui ne facilite guère une bonne compréhension par les patients de leur état de santé et de leur traitement.

Luc Ruidant - 1 février 2018

Réalisée par des médecins du département de chirurgie buccale et maxillo-faciale du King's College Hospital de Londres, cette recherche démontre que les termes médicaux employés par les dentistes perturbent la communication et peuvent entraîner des malentendus, générer de l'anxiété chez les patients et déboucher sur une prise de décision mal éclairée. Selon les auteurs, la même étude chez les médecins arriverait probablement aux mêmes résultats.

Une centaine de patients, âgés de 15 à 87 ans, assis en salle d'attente, ont répondu à un questionnaire à choix multiples portant sur leur compréhension de termes couramment utilisés en chirurgie buccale et maxillo-faciale et dans les cliniques de médecine buccale.

Globalement, il apparaît que de nombreux patients éprouvent des difficultés à comprendre et à expliquer certains mots anglais, par exemple "blister", "benign", "lesion", "malignancy"... Et il se peut que les résultats sous-estiment l'incompréhension des malades dans la mesure où le questionnaire était volontaire et où il est fort possible que les participants ayant accepté de le remplir avaient une connaissance médicale plus importante que la population générale.

Pour les chercheurs, il est par conséquent essentiel que tous les cliniciens adaptent leur langage au cours des consultations afin de fournir à leurs patients des informations compréhensibles sur leur état, et ainsi leur permettre de prendre des décisions bien éclairées.

De fait, la communication est au coeur de l'observance et de l'éducation thérapeutique en particulier dans le cas de maladies chroniques comme le diabète. D'autres recherches ont en effet montré que les malades qui ne comprennent pas le mal dont ils souffrent et leurs traitements sont plus exposés aux complications et aux effets indésirables, mais aussi que certains termes médicaux sont susceptibles d'influencer l'intensité des symptômes ressentis par les patients.

A l'époque des réseaux sociaux et où le patient souhaite comprendre ce qu'il lui arrive ou ce qu'on lui fait, être un bon communicant fait incontestablement partie des compétences qu'un praticien se doit de développer, au même titre que la connaissance de certains gestes techniques et des soins, et ce quelle que soit la discipline.

(référence : British Dental Journal, 1er décembre 2017, doi :10.1038/sj.bdj.2017.991)

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