Les boissons dites "light" ne feraient pas maigrir, au contraire...

Présentés comme " light ", les breuvages types sodas, jus de fruits ou eaux aromatisées allégés en sucre favoriseraient, en fait, le surpoids et l'obésité. Une nouvelle étude vient en effet de confirmer que ces boissons n'aideraient en aucun cas à la perte de poids des enfants et des adultes et auraient même l'effet inverse.
Une équipe internationale dirigée par le Dr Nathalie Farpour-Lambert, pédiatre aux Hôpitaux universitaires de Genève a compilé et analysé 30 études de cohortes prospectives et essais contrôlés randomisés.
Publiées entre 2013 et 2015, ces travaux portent sur 244 651 enfants et adultes à travers le monde. La quasi-totalité d'entre eux (93%) ont révélé une association positive globale entre la consommation de boissons édulcorées, mais aussi de jus de fruits ou eaux aromatisées, et les indices d'obésité chez les participants. Une seule étude de cohorte prospective chez les enfants n'a montré aucun lien.
Pour expliquer les effets des boissons édulcorées sur le poids des enfants et adultes, plusieurs hypothèses sont émises par les experts en nutrition. L'une d'elles est que les édulcorants (aspartam, sucralose...) contenus dans ces boissons augmenteraient la sensation de faim en agissant directement sur le tube digestif et qu'ils favoriseraient dès lors l'appétence pour les produits gras et sucrés. Il a aussi été suggéré que les grands consommateurs de boissons light sécrètent moins d'hormones de satiété, ce qui dérégulerait le contrôle de la glycémie. Autre hypothèse : ces boissons perturberaient le microbiote et favoriseraient l'apparition d'un diabète.
Quoi qu'il en soit et compte tenu du fait qu'à notre époque l'obésité et les maladies qui y sont liées ne cessent d'augmenter, les auteurs de cette recherche appellent à des politiques de santé publique afin de limiter la consommation de ces boissons light et d'encourager l'adoption de saines solutions de rechange comme la consommation d'eau.
(référence : Obesity Facts, 14 décembre 2017, doi : 10.1159/000484566)