Le (bio)feedback bénéfique à l'observance thérapeutique dans l'asthme

Lorsqu'un asthme sévère ne connaît pas d'amélioration sous traitement médicamenteux, la cause peut résider dans une faible observance thérapeutique, dans une mauvaise technique d'inhalation ou dans une pharmacorésistance de l'asthme. Cette étude s'est attachée à vérifier si la formulation d'un (bio)feedback à l'utilisation de l'inhalateur peut contribuer à améliorer la technique d'inhalation et l'observance thérapeutique et, de ce fait, à identifier les patients réfractaires.
Les chercheurs ont randomisé des patients souffrant d'asthme sévère non contrôlé soit vers un groupe sous éducation intensive (formation répétée à l'utilisation de l'inhalateur, à l'observance thérapeutique et à la gestion de la maladie), soit vers un groupe bénéficiant de la même intervention, mais renforcée d'une formation sur la base d'un (bio)feedback (ou rétrocontrôle (biologique)). Le critère d'évaluation primaire était l'utilisation actuelle de l'inhalateur. L'évaluation finale a été réalisée en aveugle.
Au troisième mois du suivi, le pourcentage d'observance thérapeutique était plus élevé dans le groupe ayant reçu un (bio)feedback que dans le groupe n'en ayant pas bénéficié (73 % vs 63 % ; p = 0,02). À la fin de l'étude, l'asthme était stable ou moins sévère chez 38 % des patients, incontrôlé sous faible observance thérapeutique chez 35 % des patients et incontrôlé malgré la bonne observance thérapeutique chez 27 % d'entre eux. Dans ce dernier groupe, un traitement adjuvant pourrait être nécessaire pour contrôler l'asthme.
Sulaiman I et al. A randomised clinical trial of feedback on inhaler adherence and technique in patients with severe uncontrolled asthma. European Respiratory Journal 2018 51: 1701126. http://erj.ersjournals.com/content/51/1/1701126