Sevrage tabagique : l'exercice physique, une aide à ne pas négliger

Des chercheurs britanniques révèlent le mécanisme qui sous-tend la manière dont l'exercice physique permet de protéger l'organisme contre la dépendance à la nicotine et de réduire la gravité des symptômes liés au sevrage. Ils confirment ainsi le soutien que cela peut apporter aux personnes qui décident de renoncer au tabac.
De précédents travaux ayant suggéré que l'exercice physique permet de diminuer les symptômes de sevrage de la nicotine chez l'être humain mais n'ayant pas permis de comprendre le mécanisme sous-jacent, une équipe de l'Université St George de Londres a donc observé sur un modèle murin l'effet de l'exercice durant l'exposition chronique à la nicotine sur la sévérité des symptômes liés au sevrage et examiné un certain nombre de mesures biologiques.
Pendant 14 jours, des souris mâles ont été traitées avec de la nicotine ou une solution saline et ont été assignées à un des trois programmes d'exercice : soit 24 heures sur 24, soit deux heures par jour ou soit absence d'exercice. Les symptômes de sevrage ont été évalués au 14e jour.
Les auteurs ont notamment constaté que les souris dépendantes à la nicotine, ayant pratiqué deux heures ou 24 heures d'exercice par jour, présentent une réduction significative de la sévérité des symptômes de sevrage par rapport au groupe sédentaire.
En outre, l'exercice (course sur une roue) induit une régulation positive significative des récepteurs nicotiniques à l'acétylcholine (α7 nAChRs), qui sont ciblés par la nicotine dans la zone CA2/3 de l'hippocampe. Par contre, l'exercice n'a eu aucun effet significatif sur les autres paramètres étudiés.
"Nos résultats mettent en lumière le mécanisme de l'effet protecteur de l'exercice physique, quelle que soit son intensité, contre le développement de la dépendance à la nicotine et dans la réduction de la sévérité des symptômes de sevrage, ce qui peut aider les fumeurs à se débarrasser de leur mauvaise habitude" déclare le Dr Alexis Bailey.
(référence : British Journal of Pharmacology, 22 décembre 2017, DOI : 10.1111/bph.14068)