Risque de MICI et exposition précoce aux antibiotiques

Un nouvel enseignement obtenu grâce à la rigueur de la tenue des registres sanitaires des pays scandinaves.
Dans le cadre d'une étude de cohorte concernant 827.239 enfants nés en Suède entre 2006 et 2013, les investigateurs ont évalué l'association entre une exposition précoce aux antibiotiques systémiques (durant la grossesse et lors des 6 premières années de vie) et le développement d'une maladie inflammatoire chronique du côlon (MICI, maladie de Crohn et rectocolite hémorragique).
Au total, 17% des enfants évalués avaient été exposés aux antibiotiques in utero et 65% l'avaient été durant l'enfance à deux reprises ou plus.
Les investigateurs rapportent un risque de MICI significativement augmenté chez les enfants exposés aux antibiotiques in utero, risque relatif ajusté (HRa) par rapport à la population générale 1,93 (IC 95% 1,06-3,50). Le risque n'est toutefois significatif qu'en cas d'exposition lors du 3ème trimestre de grossesse (HRa 2,57 ; IC 95% 1,10-6,01).
L'association est retrouvée de façon significative pour la maladie de Crohn (HRa 2,48 ; IC 95% 1,01-6,08) mais pas pour la rectocolite hémorragique (HRa 1,25 ; IC 95% 0,47-3,26).
Deux enseignements précieux émanent de ce travail. D'une part le HRa de maladie de Crohn chez les sujets exposés aux antibiotiques durant la grossesse reste du même niveau après exclusion des enfants ayant présenté une gastroentérite endéans les douze mois précédant le diagnostic. D'autre part, le risque est surtout majoré chez les enfants ayant des antécédents maternels et paternels de MICI.
Concernant l'exposition aux antibiotiques systémiques durant l'enfance, aucune association significative n'est rapportée avec le développement précoce d'une MICI.