Dépistage de l'oesophage de Barrett

Une équipe américaine a développé un dispositif et une méthode de détection basée sur des biomarqueurs et susceptibles de repérer les sujets avec oesophage de Barrett sans recours à l'endoscopie.
Environ 95% des cas d'oesophage de Barrett ne sont pas détectés qu'au moment où le patient développe un adénocarcinome oesophagien, cancer de mauvais pronostic dont le taux de survie à cinq ans est inférieur à 20%. Or, il se trouve que l'incidence de ce type de cancer a plus que quadruplé au cours des trois dernières décennies.
Cette situation a incité une équipe américaine à mettre au point une méthode minimalement invasive permettant de repérer les sujets porteurs d'un oesophage de Barrett, précurseur du carcinome oesophagien.
Après analyse d'échantillons de centaines d'individus, les investigateurs ont repéré un type de modification de l'ADN dans les cellules de l'oesophage inférieur qui identifiaient l'oesophage de Barrett avec plus de 90% de sensibilité et de spécificité.
Le problème restant était d'accéder à ces cellules de l'oesophage inférieur de façon à les analyser sans avoir recours à l'endoscopie.
Pour ce faire, ils ont créé un dispositif qui est une capsule ouverte légèrement plus grosse qu'un comprimé oblong et qui contient un ballonnet relié à un petit cathéter qui permet le gonflement à partir de l'extérieur une fois que la capsule a atteint l'estomac, soit environ trois minutes après avoir été avalée.
Le ballon gonflé est alors ramené au niveau de l'oesophage inférieur qu'il brosse délicatement lors du retrait, recueillant ainsi des échantillons de cellules pour l'analyse de l'ADN. Le ballon est ensuite dégonflé et réintégré dans la capsule de façon à ne pas être contaminé lors du passage dans les autres portions de l'oesophage et de l'oropharynx.
Les 128 patients ayant subi la procédure l'ont très bien supportée (pas de difficulté à avaler, d'anxiété, de douleur ou d'étouffement), une quantité de cellules suffisante pour l'analyse de l'ADN a pu être recueillie dans 116 cas (91%) et les 86 analyses d'ADN effectuées confirment les taux de 90% ou plus de sensibilité et spécificité.