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Les inhibiteurs de protéase tiennent-ils sur le long cours ?

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Les études menées exclusivement sur des populations européennes vivant avec le VIH sont une denrée suffisamment rare pour ne pas évoquer l'une des plus récentes, juste publiée en ligne le 13 février 2018 dans la revue HIV Medicine. Elle montre que si un changement de traitement antirétroviral vers un schéma comportant un inhibiteur de protéase boosté par ritonavir est envisagé chez des patients déjà expérimentés, le risque d'échec virologique et/ou d'interruption de traitement sera significativement moindre, sur le long terme, si le choix se porte sur le couple darunavir/ritonavir.

Jean-Luc Schouveller - 21 février 2018

Les inhibiteurs de protéase : pas morts !

S'il est indéniable que les inhibiteurs de l'intégrase occupent une place de plus en plus centrale au sein des traitements antirétroviraux, les inhibiteurs de protéase boostés par ritonavir tiennent leur rang et sont toujours d'actualité. Lopinavir, atazanavir et darunavir demeurent des options thérapeutiques intéressantes pour le traitement des patients vivant avec le VIH, soit comme alternative en cas, par exemple, de contre-indications ou d'intolérance, soit en seconde ligne après échec virologique. Mais pas seulement puisque, selon les recommandations 2017 de l'EACS (European AIDS Clinical Society), le darunavir/ritonavir est aussi recommandé en première ligne de traitement donc chez des patients nouvellement diagnostiqués.

Efficacité virologique à long terme

Comme les traitements antirétroviraux sont poursuivis à vie, la question du maintien, sur le très long terme, d'une charge virale indétectable est prioritaire tout comme le fait de savoir si, entre les 3 représentants de cette classe, la durabilité de l'efficacité virologique est ou non comparable. Pour répondre à ces questions importantes sur le plan de la pratique clinique quotidienne, des investigateurs de l'étude EuroSIDA ont recruté 5678 patients ayant initié, entre 2000 et 2013, un traitement comportant atazanavir/ritonavir (ATZ/r), darunavir/ritonavir (DRV/r) ou lopinavir/ritonavir (LPV/r). Les patients ont ensuite été répartis en trois groupes équipotents selon leur historique VIH : patients naïfs aux antirétroviraux (8%), patients expérimentés changeant pour un IP boosté et dont la charge virale est à 500 copies/ml maximum (44%) et patients expérimentés changeant pour un IP boosté dont la charge virale est supérieure à 500 copies/ml (48%). Les critères d'évaluation étaient d'une part le temps écoulé avant constat d'un échec virologique et d'autre part un critère composite associant la survenue d'un échec virologique et/ou l'interruption de traitement.

Des différences à prendre en compte

Passons à présent aux résultats qui diffèrent quelque peu selon le groupe de patient concerné. Si le risque de voir survenir un échec virologique est globalement identique pour les trois IP boostés chez les patients naïfs, le risque d'interruption du traitement pour quelque raison que ce soit est plus faible lorsque ces patients sont traités par darunavir/ritonavir. Par contre, dans les deux groupes de patients expérimentés, tant le risque d'échec virologique que celui d'interruption du traitement pour toxicité ou autres raisons est moindre sous darunavir/ritonavir que pour les deux autres traitements.

Ref: Santos JR et al. HIV Medicine, mise en ligne sur le site internet le 13/02/2018.

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