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VIH et cessation tabagique : une expérience française

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Alors que les traitements antirétroviraux actuels permettent l'allongement de l'espérance de vie des personnes vivant avec le VIH au point que celle-ci se rapproche de plus en plus de celle de la population générale, il serait très dommageable de voir ces efforts partir en fumée à cause du tabagisme.

Jean-Luc Schouveller - 21 février 2018

Offrir un soutien efficace et sûr aux fumeurs vivant avec le VIH pour arrêter de fumer devrait faire partie intégrante des efforts de routine pour améliorer tant leur santé que leur longévité. Une étude française montre que la varénicline associée à un coaching psychologique peut aider mais modestement cependant.

Pour cette étude, 250 patients vivant avec le VIH ont été inclus. Ils étaient âgés de 43 ans en moyenne, dépistés et traités depuis 13 ans au moins, fumeurs depuis 26 ans et 82% d'entre eux avaient déjà tenté au moins à une occasion de cesser de fumer.

Un groupe de patients a reçu de la varénicline durant 12 semaines combinée à un coaching durant 26 semaines. L'autre groupe a reçu un placebo et coaching selon le même schéma temporel. Deux évaluations ont été menées, une après 12 semaines et une à 48 semaines. Avouons-le, les résultats sont modestes mais en ligne avec ceux observés dans d'autres populations. A 12 semaines, 29% ont arrêté de fumer dans le groupe actif vs 11% dans le groupe placebo. A 48 semaines, 15% du groupe actif est toujours en cessation tabagique vs 6% dans le groupe placebo. Petite note sur le coaching dont deux types différents ont été proposés aux patients, soit un tabacologue reconnu, soit un médecin infectiologue qui avait reçu une formation en tabacologie.

A 48 semaines, les taux de réussite sont plus élevés pour l'infectiologue que pour le tabacologue reconnu. Selon toute vraisemblance, l'infectiologue, habitué à la gestion de ces patients, a pris d'avantage en compte les autres obstacles à la cessation tabagique rencontrés chez ces patients comme la consommation concomitante d'alcool ou d'autres substances, le faible niveau socio-économique et éducatif ainsi que les affections concomitantes. Enfin, et c'est très rassurant, les effets secondaires graves ont été identiques dans les deux groupes, autour de 5%.

Mercié P. et al. Lancet HIV, publication en ligne le 09/01/2018.

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