La chirurgie bariatrique réduit la mortalité des obèses

Sur une période de suivi d'un peu plus de quatre ans, les patients obèses qui ont bénéficié d'une chirurgie bariatrique risquent deux fois moins de mourir que ceux sous régime ou ayant eu un traitement médical traditionnel, toutes causes de décès confondues. Le bypass semble la technique la plus efficace de ce point de vue.
Si les avantages à court terme de la chirurgie bariatrique sont bien connus, par contre, avant cette recherche, on ne savait que peu de choses quant à son impact sur la mortalité.
Pour cette étude de cohorte rétrospective, les auteurs ont sélectionné 33 540 patients obèses (IMC moyen de 40) israéliens, dont 8 385 ayant subi une chirurgie bariatrique de 2005 à 2014 (3635 un banding, 1388 un bypass gastrique Roux-en-Y et 3362 une gastrectomie longitudinale) et 25 155 ayant reçu des soins non chirurgicaux pour la gestion de leur obésité et appariés selon l'âge, le sexe, l'IMC et le diabète. L'âge moyen des participants étaient de 46 ans.
Les chercheurs ont constaté 105 décès (1,3%) chez les patients chirurgicaux durant une période de suivi médiane de 4,3 ans, dont 61 décès (1,7%) chez ceux s'étant fait poser un anneau gastrique par laparoscopie, 18 décès (1,3%) chez ceux ayant fait l'objet d'un pontage gastrique et 26 décès (0,8%) chez ceux ayant subi une gastrectomie longitudinale. Durant une période de suivi similaire (moyenne de 4,0 ans), 583 décès (2,3%) ont été enregistrés chez les patients non chirurgicaux. Globalement, la différence absolue est de 2,51 décès en moins par 1000 années-personne entre le groupe chirurgical et le non chirurgical.
En termes de réduction de risque, cela signifie que sur un peu plus de 4 ans, les patients passant par la chirurgie bariatrique risquent deux fois moins de mourir, toutes causes confondues, que ceux qui n'en bénéficient pas. Le banding réduit le risque de 2,01, le bypass de 2,65 et la gastrectomie de 1,60.
(référence : JAMA, 16 janvier 2018, doi : 10.1001/jama.2017.20513)