L'alcool en excès triple le risque de démence

La liste des troubles associés à l'alcool s'allonge encore. Une équipe franco-canadienne révèle qu'une consommation d'alcool chronique et excessive est le principal facteur de risque pour tous les types de démence, en particulier celles qui sont précoces.
Pour cette étude rétrospective, les chercheurs ont utilisé les informations issues du Programme de médicalisation des systèmes d'information des hôpitaux français. Les données concernaient 31 624 156 personnes âgées d'au moins 20 ans, hospitalisées entre 2008 et 2013, dont 1 109 343 ont eu un diagnostic de démence à l'admission.
L'étude démontre que sur les 57 000 cas (64,9 % d'hommes) de démence à apparition précoce (avant 65 ans), 56,5% des malades doivent leur mauvais état de santé soit à des dommages cérébraux liés à l'alcool (38,9%), soit à des troubles causés par une consommation excessive d'alcool (17,6%).
En outre, après prise en compte de tous les facteurs de confusion connus, consommer de l'alcool en excès multiplie par trois le risque de développer une démence, tous types confondus, quel que soit le sexe. Enfin, les troubles liés à la consommation d'alcool sont significativement associés à tous les autres facteurs de risque d'apparition d'une démence.
Ces résultats sont importants car ils confirment ceux d'analyses précédentes, tout en les renforçant en raison de la taille de la cohorte et parce que l'étude inclut beaucoup plus de gros consommateurs d'alcool, une catégorie qui était sous-représentée auparavant. Ils sont par ailleurs plus marquants que ce à quoi s'attendaient les auteurs qui, du coup, prônent le dépistage des consommations excessives d'alcool afin d'infléchir les décès prématurés liés à la démence.
(référence : The Lancet Public Health, 20 février 20189, DOI : 10.1016/S2468-2667(18)30022-7)