PremiumGastro-entérologie

Calcium et polypes intestinaux

photo

Un rôle protecteur de la prise de calcium et de vitamine D vis-à-vis de l'apparition de polypes intestinaux a été suggéré, mais les résultats des travaux sur le sujet ne sont pas concordants.

Dr Jean-Claude Lemaire - 14 mars 2018

Une équipe de chercheurs américains a donc entrepris de clarifier cette question grâce à l'analyse des données d'une large étude prospective impliquant plus de 2.000 sujets âgés de 45 à 75 ans connus comme porteurs de polypes et qui devaient subir une coloscopie endéans les 3 à 5 ans.

Selon la randomisation, ces sujets recevaient journellement et pendant 3 à 5 ans, 1.200 mg de calcium, 1.000 unités internationales de vitamine D, les deux ou aucun des deux (phase thérapeutique). Après arrêt du traitement, au moment de la coloscopie de contrôle, les sujets ont encore été suivis 3 à 5 ans (phase observationnelle). L'objectif était d'apprécier les effets du traitement sur l'incidence des polypes festonnés de tout type, et plus particulièrement des polypes/adénomes festonnés sessiles qui sont d'importants précurseurs de cancers et sont soupçonnés de contribuer aux cancers dits de l'intervalle.

Dans le cadre de ce travail les investigateurs n'ont pas documenté d'effet des suppléments de calcium et de vitamine D sur les polypes hyperplasiques, forme la plus fréquente de polypes festonnés.

Concernant les polypes/adénomes festonnés sessiles, les investigateurs n'ont retrouvé aucun effet pendant la phase thérapeutique, en revanche lors de la phase observationnelle, soit 6-10 ans après le début du traitement, ils rapportent une incidence accrue chez les patients prenant du calcium seul (risque relatif ajusté moyen 2,65 ; IC 95% 1,43 - 4,91) et chez ceux recevant la combinaison calcium vitamine D (risque relatif ajusté moyen 3,81 ; IC 95% 1,25 - 11,64), les sujets les plus à risque étant les femmes et les fumeurs.

A noter que l'association mise en évidence concerne les suppléments de calcium, pas la quantité de calcium apporté par l'alimentation.

SD Crockett et al. Gut 2018 Mar 1 [Epub ahead of print].

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

En savoir plus sur

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles

Articles connexes

Mieux comprendre les facteurs de rémission des MICI

Les liens de causalité entre alimentation et risque de développement de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ont déjà été largement étayés. Une récente étude multicentrique franco-belge permet de mieux comprendre dans quelle mesure l’alimentation entretient l’activité inflammatoire, que ce soit dans la maladie de Crohn ou dans la rectocolite ulcéro-hémorragi

Gastrites, gastropathies : comment les distinguer ?

La surprescription des IPPs, l’un des chefs de bataille de notre actuel ministre de la santé, doit s’inscrire dans le cadre d’une meilleure compréhension des mécanismes physio-pathologiques sous-jacents. Cet article, fondé sur les propos du Pr Pierre Deprez (Cliniques universitaires Saint-Luc), propose une révision des principales causes de gastrites et de gastropathies.

Amazon Pharmacy lance la distribution du comprimé Ozempic à domicile et en point de retrait

Amazon Pharmacy poursuit son offensive dans la pharmacie en ligne. La plateforme de livraison de médicaments d’Amazon annonce étendre, aux États-Unis, l’accès à la version orale d’Ozempic, le GLP-1 de Novo Nordisk destiné aux patients atteints de diabète de type 2.

Polyarthrite rhumatoïde : pourquoi et comment décroître la corticothérapie ?

Dans la polyarthrite rhumatoïde (PR), l’EULAR positionne les corticostéroïdes (CS) comme un traitement d’appoint, l’ACR les déconseille si possible. Là où les 2 sociétés se rejoignent, c’est sur l’absolue nécessité d’un sevrage à 3 mois. Malgré ces recommandations, 80% des patients sont toujours sous CS à 1 an avec les risques intrinsèques. Dans ce contexte, il faut se poser 3 questions1. Les CS sont-ils nécessaires ? Quels sont les risques ? Comment réaliser le sevrage dans de bonnes conditions ?

Des nouvelles à partager ?

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
16 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine