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Maladies hépatiques chroniques et vitamine D, Cochrane s'en mêle

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Les déficits en vitamine D sont fréquents chez les sujets souffrant de maladies hépatiques chroniques, mais l'intérêt de leur correction par l'administration de suppléments et le rapport bénéfice risque restent mal étudiés.

Dr Jean-Claude Lemaire - 14 mars 2018

La fondation Cochrane a répertorié 15 essais cliniques randomisés publiés jusqu'en janvier 2017 comparant la vitamine D (tout type, toute dose, toute durée et toute voie d'administration) versus placebo ou pas d'intervention.

Ces essais regroupent les données de 1.034 participants et les maladies hépatiques chroniques prises en compte sont les hépatites C chroniques (6 essais), les stéatoses hépatiques non alcooliques (4 essais) et la cirrhose hépatique (4 essais). Un essai a été mené chez des sujets transplantés.

La durée de l'administration de suppléments de vitamine D était en moyenne de 6 mois et les sujets ont été suivis en moyenne pendant 0,6 année.

L'effet sur la mortalité globale évalué dans l'ensemble des 15 essais n'est pas significatif, odds ratio 0,70 ; IC 95% 0,09 - 5,38. L'effet sur la mortalité liée à l'atteinte hépatique n'a été évalué que dans un tout petit essai (18 participants), il n'est pas non plus significatif, risque relatif (RR) 1,62 ; IC 95% 0,08 - 34,66.

Parmi les autres paramètres évalués figurent la survenue d'évènements indésirables graves comme l'hypercalcémie (RR 5,00 ; IC 95% 0,25 - 100,8 ; 1 essai avec 76 participants), l'infarctus du myocarde (RR 0, 75, IC 95% 0,08 - 6,81; 2 essais et 86 participants) et la thyroïdite (RR 0,33 ; IC 95% 0,01 - 7,91], 1 essai, avec 68 participants) ou d'événements indésirables non graves comme la glossite (RR 3,70 ; IC 95% 0,16 -87,6 ; 1 essai avec 65 participants).

Globalement les essais répertoriés sont de piètre qualité, aboutissant à un très faible niveau de preuve, ils sont très hétérogènes, n'ont concerné que peu de patients et comportent tous des biais méthodologiques importants, ce qui limite considérablement la confiance que l'on peut avoir dans les résultats présentés. En l'état, rien ne permet donc de soutenir ou de réfuter l'intérêt des suppléments de vitamine D chez ce type de patients.

G Bjelakovic et al. Cochrane Database Syst Rev. 2017 Nov 3;11:CD011564.

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