A San Francisco, 6 jours seulement s'écoulent entre diagnostic et mise sous ARV

RAPID est un programme mis en place en collaboration avec les associations de patients, les autorités sanitaires de la ville de San Francisco et des groupes bénévoles de travailleurs de la santé dans le but d'accélérer la mise sous ARV une fois le diagnostic de VIH posé et d'améliorer les taux de rétention thérapeutique surtout aux sein de certaines minorités défavorisées. L'impact de cette initiative sur la prise en charge des patients a été évalué par une enquête de suivi entre 2013 et 2016 dont les résultats montrent que le programme n'a pas usurpé son nom de RAPID.
Les premiers résultats concernent l'impact direct du nouveau programme sur la prise en charge du patient à partir du moment où un diagnostic d'infection par le VIH est posé.
Ainsi entre 2013 et 2016, les améliorations suivantes ont été observées :
- La durée entre le diagnostic et la prise en charge effective en centre de référence passe de 8 jours à 5 jours soit une réduction de 38%.
- Le délai entre la prise en charge par un centre de référence et l'initiation du traitement ARV passe de 27 jours à 1 jour soit une réduction de 96%. Ceci constitue le véritable point fort de ce programme qui peut influencer toutes les autres conséquences du traitement. Attention cependant au fait que les patients à haut risque de développer un syndrome inflammatoire de reconstitution immunitaire (IRIS) font l'objet d'un trajet de soin différent et bien plus lent.
- Délais entre initiation du traitement et constat d'une première suppression virale (charge virale < 200 copies/ml) passe de 70 jours à 38 jours soit 46% de réduction.
D'autres données issues de ce rapport sont tout aussi intéressantes. Ainsi, entre le diagnostic et l'initiation du traitement, il se passe actuellement 6 jours contre 35 jours en 2013. Entre le diagnostic et la première suppression virale, il s'écoule 2 mois contre 4,5 mois en 2013, soit une diminution de 54%.
Enfin, on observe une augmentation des traitements ARV centrés sur un inhibiteur de l'intégrase qui passent de 47% à 74% ainsi qu'une progression constante mais moins intense du taux de sujets diagnostiqués (93% en 2013 et 97% en 2016) ainsi que des patients diagnostiqués et mis sous ART (78% à 81% en 2016). Des chiffres qui, notons-le au passage, attestent que la ville de San Francisco est dès à présent en phase avec les objectifs de l'ONUSIDA, 90% de porteurs diagnostiqués et 81% sous traitement ART.
Ref: Bacon O. et al. Abstract 93, CROI 2018, Boston.