PremiumRhumatologie

Polyarthrite rhumatoïde : un composant du venin de scorpion pourrait améliorer le traitement

photo

Des chercheurs texans ont découvert que l'iberiotoxine, un des composants du venin de scorpion rouge peut réduire la gravité de la polyarthrite rhumatoïde chez le rat, sans induire d'effets secondaires associés à des traitements similaires.

Luc Ruidant - 29 mars 2018

Les venins d'animaux sont de plus en plus exploités à des fins médicinales. Cela pourrait être le cas de celui d'une espèce de scorpion considérée comme la plus dangereuse au monde, à savoir le scorpion rouge indien que l'on le retrouve aussi bien au Nord de l'Inde, qu'au Pakistan, au Sri Lanka ou encore au Népal. Son venin est d'une puissance redoutable puisqu'il est responsable de la majorité des décès par piqûre de scorpion dans le monde. Ses principales victimes sont les enfants et les personnes âgées.

Mais, selon le résultat de travaux réalisés par une équipe du Baylor College of Medicine, à Houston, ce venin pourrait aussi détenir la clé qui permettrait d'améliorer la vie de près de 1,3 million de personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde dans le monde. Il s'agit de l'iberiotoxine, une toxine peptidique qui est capable de bloquer spécifiquement le canal potassique de cellules appelées synoviocytes de type fibroblastique.

Il faut savoir que les synoviocytes de type fibroblastique jouent un rôle majeur dans cette maladie auto-immune car elles secrètent des substances qui endommagent les articulations et elles recrutent les cellules immunitaires qui causent inflammation et douleur. A l'heure actuelle, les traitements disponibles ciblent les cellules immunitaires impliquées dans la maladie mais ne parviennent pas à contrecarrer les dommages aux articulations qui s'élargissent et se bloquent.

Précédemment, la même équipe de chercheurs texans avait constaté qu'un canal de potassium sur les synoviocytes de type fibroblastique était très important pour le développement de la maladie. En bonne logique, elle a donc tenté de trouver le moyen bloquer ce canal sachant que les canaux potassiques fonctionnent en ouvrant des portes à la surface des cellules qui permettent aux ions potassium de circuler dans et hors de la cellule. Ce flux d'ions est nécessaire pour que les cellules remplissent bon nombre de leurs fonctions essentielles.

Or, les animaux tels que les scorpions ont des venins capables de bloquer le potassium et d'autres canaux ioniques. Et les auteurs de ce travail ont découvert, en testant l'ibériotoxine sur des rats modèles de la polyarthrite rhumatoïde, que ce composé du venin de scorpion rouge parvient à bloquer spécifiquement le canal potassique des synoviocytes de fibroblastique, le tout sans affecter les canaux d'autres types de cellules telles que celles du système nerveux.

Les tests montrent que la progression de la polyarthrite rhumatoïde est alors stoppée et sans effets secondaires associés, y compris tremblements et incontinence, observés lors du traitement avec un autre bloqueur de canaux appelé paxilline. Dans certains cas, les signes de la maladie ont même été inversés, ce qui s'est traduit par une meilleure mobilité et moins d'inflammation au niveau des articulations.

Reste désormais à tester chez l'Homme ce composé du venin de scorpion qui pourrait devenir la base d'un nouveau traitement pour la polyarthrite rhumatoïde.

(référence : The Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics, 16 février 2018, DOI : 10.1124/jpet.117.245118)

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

En savoir plus sur

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles

Articles connexes

Infection par le VIH : Un facteur de risque indépendant d’ostéoporos

L’infection par le VIH est identifiée comme un facteur de risque indépendant d’ostéoporose, avec une diminution significative de la densité minérale osseuse chez les personnes séropositives.

Ostéopathies liées au méthotrexate : une complication rare, grave et mal identifiée

Parmi les milliers de patients atteints de maladies rhumatismales, certains présenteront un jour une ostéopathie induite par le méthotrexate. C’est une complication rare mais grave à laquelle on ne pense pas toujours. Quels sont les signes d’alerte ?

Polyarthrite rhumatoïde : pourquoi et comment décroître la corticothérapie ?

Dans la polyarthrite rhumatoïde (PR), l’EULAR positionne les corticostéroïdes (CS) comme un traitement d’appoint, l’ACR les déconseille si possible. Là où les 2 sociétés se rejoignent, c’est sur l’absolue nécessité d’un sevrage à 3 mois. Malgré ces recommandations, 80% des patients sont toujours sous CS à 1 an avec les risques intrinsèques. Dans ce contexte, il faut se poser 3 questions1. Les CS sont-ils nécessaires ? Quels sont les risques ? Comment réaliser le sevrage dans de bonnes conditions ?

Un plan national de prise en charge de la douleur est nécessaire, plaident les algologues

L'Association flamande d'anesthésiologie pour la prise en charge de la douleur et l'Association professionnelle belge des médecins spécialistes en anesthésie et réanimation (Apsar) plaident pour un plan national de prise en charge de la douleur.

Des nouvelles à partager ?

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
16 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine