Schizophrénie : la prise en charge précoce divise la mortalité par 4

Une nouvelle étude canadienne atteste de l'efficacité d'un programme de prévention et d'intervention précoce en cas de psychose. Les résultats montrent notamment que les personnes atteintes d'un premier épisode de psychose et qui ont utilisé les services de ce programme présentent des taux de mortalité considérablement réduits.
Les chercheurs ont examiné les données de santé de patients psychotiques traités dans le cadre du programme "Prevention and Early Intervention Program for Psychoses" (PEPP) entre 1997 et 2013. Le PEPP a été fondé en 1997 au Canada en tant que premier programme d'intervention précoce en cas de psychose (Early Psychosis Intervention - EPI - programs) et introduit dans la ville de London en Ontario.
Les programmes qui ont été mis en place partout en Ontario, sont des modèles de soins spécialisés qui mettent l'accent sur la détection précoce de la psychose afin de fournir un traitement intensif pendant les deux ou trois premières années de la maladie.
Les auteurs de l'étude ont constaté qu'au cours des deux premières années après le diagnostic, les personnes atteintes d'un premier épisode de psychose qui ont utilisé les services du PEPP ont présenté des taux de mortalité quatre fois moins élevés que celles n'ayant pas eu recours à ces services bien qu'aucune différence significative n'ait été observée entre les deux groupes en ce qui concerne l'automutilation et le suicide.
Les patients pris en charge par le PEPP ont également connu une réduction des visites aux urgences mais des taux d'hospitalisation plus élevés, ce que les chercheurs ne s'expliquent pas pour le moment.
A noter aussi que les avantages du PEPP n'ont pas été observés au-delà de deux années lorsque les soins administrés se réduisent à de la gestion médicale.
(référence : The American Journal of Psychiatry, 2 mars 2018, DOI :10.1176/appi.ajp.2017.17050480)