Stéatose hépatique non alcoolique féminine

Décidément, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), qui touche environ 10% de la population féminine en âge de procréer, n'a pas fini de nous étonner.
Non content d'occasionner chez les femmes qui en sont porteuses diverses manifestations gynécologiques (règles irrégulières et douloureuses), dermatologiques (acné), endocriniennes (pilosité de type masculin, fertilité altérée) et métaboliques (insulinorésistance, surpoids/obésité), le SOPK a également été associé à un risque majoré de développement de stéatose hépatique non alcoolique.
Cette nouvelle déclinaison des méfaits du SOPK a été découverte dans le cadre d'une étude cas-témoins menée sur les données de 63.120 femmes atteintes de SOPK et de 121.064 femmes d'âge, de poids corporel et d'antécédents similaires. Les investigateurs ont également déterminé dans une cohorte indépendante de 71.061 femmes, le taux de stéatose hépatique non alcoolique en fonction du taux de testostérone.
Globalement les résultats indiquent que les femmes atteintes de SOPK ont environ deux fois plus de risque de développer une stéatose hépatique non alcoolique que les femmes qui en sont indemnes. Cependant, compte tenu de la fréquence de l'obésité en cas de SOPK et de l'association connue entre les deux, le point le plus important de ce travail est sans aucun doute la démonstration que les femmes qui ont à la fois un SOPK et un taux élevé de testostérone (>3,0 nmol/l) ont un risque accru de stéatose hépatique non alcoolique même si leur poids corporel est parfaitement normal, ce qui suggère que l'obésité n'est clairement pas seule en cause dans la genèse de la stéatose hépatique non alcoolique.