Double peine

Les sujets ayant une maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI: maladie de Crohn et rectocolite hémorragique) devraient être considérés comme porteurs d'un facteur de risque cardiaque indépendant des facteurs classiques comme l'hypertension artérielle, l'hypercholestérolémie et le tabagisme.
Cette nouvelle donnée émane d'une analyse des dossiers de 17,5 millions de patients d'une grande base de données, dont près de 212.000 patients âgés de 18 à 65 ans chez qui une MICI avait été diagnostiquée. Cette analyse révèle d'une part que les personnes atteintes de MICI sont plus susceptibles de faire un infarctus que les sujets sans MICI (risque moyen majoré de 23% après ajustement pour les facteurs de risque cardiovasculaire traditionnels) et d'autre part que le risque est le plus élevé chez les sujets jeunes (18-24 ans) et les femmes jusque 40 ans, ce qui serait à mettre sur le compte de la plus grande fréquence des formes graves de MICI dans ces populations.
Bien que les personnes atteintes de MICI soient plus susceptibles d'être atteintes de diabète, d'hypertension artérielle et d'hypercholestérolémie, le fait que le risque d'infarctus dépasse celui documenté chez les sujets ayant des antécédents cardiaques suggère que les MICI devraient être considérées comme un facteur de risque indépendant d'atteinte cardiaque. Avec comme corollaire que les sujets atteints de MICI sont à surveiller de près sur le plan cardiaque.