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Résection des métastases de cancer colorectal, ne soyons pas si timorés

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Une revue rétrospective centralisée a été faite sur 448 des 735 patients avec un cancer du côlon métastatique inclus dans l'essai FIRE-3 qui avaient une imagerie disponible et exploitable avant traitement et après obtention de la meilleure réponse à la chimiothérapie.

Dr Jean-Claude Lemaire - 17 avril 2018

Pour mémoire, FIRE-3 avaient inclus des patients ayant un cancer colorectal métastatique jugé non résécable d'emblée qui, selon la randomisation et indépendamment de leur statut RAS, ont été traités en première ligne par l'association FOLFIRI-cetuximab ou l'association FOLFIRI-bevacizumab.

La relecture des clichés (initiaux et après obtention de la meilleure réponse) pour apprécier la nature résécable ou non des métastases a été faite par 8 chirurgiens et 3 oncologues experts ne connaissant ni le type de traitement reçu ni le verdict des autres relecteurs. Les métastases ont été considérées comme résécables lorsqu'au moins 50% des relecteurs étaient de cet avis.

Selon cette relecture, il y avait initialement des métastases jugées résécables chez 97 patients (22%) avant mise en oeuvre du traitement et chez 238 (53%) après obtention de la meilleure réponse à la chimiothérapie, des pourcentages qui sont globalement similaires pour les deux bras de traitement.

Pourtant, une résection métastatique n'a été réalisée au total que chez 72 patients (16%) et dans 69 cas c'était après obtention de la meilleure réponse à la chimiothérapie !

Ces résultats sont d'autant plus désolants que ce travail montre la nature résécable des métastases est un facteur important de survie globale. La médiane de survie globale est significativement meilleure (chez les patients résécables et opérés (51,3 mois) que chez les patients résécables non opérés (30,8 mois) et chez les patients non résécables (18,6 mois).

A noter que le taux de résection métastatique était significativement plus élevé dans les hôpitaux universitaires que dans les autres centres (p=0,02), ce qui plaide en faveur d'une évaluation planifiée régulière dans des centres à gros volume.

DP Modest et al. Eur J Cancer. 2018; 88: 77-86.

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