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En matière d'ostéoporose, mieux vaut plus tôt que plus tard

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L'identification des patients à risque et la prévention secondaire des fractures ostéoporotiques via les "fracture liaison services" (FLS voir encadré) sont actuellement le standard dans la prise en charge de l'ostéoporose. Et il a été montré qu'un traitement était instauré de façon plus fréquente et plus adéquate par les FLS que lorsque le traitement était simplement recommandé au médecin traitant.

Dr Jean-Claude Lemaire - 23 avril 2018

La situation est-elle la-même dans le cas des patients hospitalisés dans des services de médecine interne générale chez qui une recherche systématique de fractures vertébrales est effectuée ? Autrement dit la prise en charge précoce (intra-hospitalière) de fractures vertébrales nouvellement identifiées s'assortit-elle d'un pourcentage plus élevé de patients placés sous traitement anti-ostéoporose qu'une prise en charge plus tardive (extra-hospitalière).

Des éléments de réponse sont apportés par une équipe genevoise (T Chevalley et al.), qui a systématiquement recherché sur plus de 900 patients l'existence de fractures vertébrales sur les radiographies de thorax de profil ou de la colonne vertébrale effectuées lors de l''admission ou pendant le séjour hospitalier.

Les "fracture liaison services" (FLS) sont des structures dont la mission est de repérer au sein des différents services les sujets pris en charge pour fracture et assurer la liaison entre les différents intervenants médicaux et non médicaux de toute discipline et façon à ce que ces sujets qui se trouvent en situation de risque accru de nouvelles fractures soient suivis de façon la plus adéquate et la plus performante possible.

Dans une première phase les patients sortaient de l'hôpital et le généraliste recevait des recommandations à propos des examens à effectuer et des médicaments anti-ostéoporotiques à prescrire (soins extra-hopitaliers). Dans une deuxième phase, les examens nécessaires et le traitement étaient débutés pendant l'hospitalisation (soins intra-hospitaliers).

Les patients inclus dans les phases 1 (84 avec fracture sur 407 évalués, 21 % ; 75,7 ± 7,7 ans) et 2 (100 avec fracture sur 524, 19 % ; 77,8 ± 9,4 ans) étaient similaires pour le sexe, l'âge, l'indice de comorbidité de Charlson, les fractures antérieures, le score FRAX et la prévalence des fractures vertébrales de grade 1 ou ≥ 2.

Le pourcentage de patients traités spécifiquement pour l'ostéoporose a été évalué par entretien téléphonique à 3 et 6 mois. Les résultats indiquent qu'un médicament spécifique contre l'ostéoporose a été prescrit plus souvent en phase 2 qu'en phase 1, aussi bien à 3 mois (respectivement 67 versus 19% ; p<0,001) qu'à 6 mois (69 versus 27% ; p<0,001). Le taux de patients encore sous traitement était également plus élevé en phase 2 qu'en phase 1, aussi bien à 3 mois (52 versus 19%; p<0,001) qu'à 6 mois (54 versus 29 ; p<0,001). A noter qu'en dépit de la différence de prise en charge entre les deux phases, la durée du séjour hospitalier n'était pas significativement différente.

Cette étude contrôlée souligne donc que pour les personnes âgées avec fractures de fragilité vertébrale nouvellement détectées, l'évaluation précoce du patient et la mise en place du traitement de l'ostéoporose pendant le séjour à l'hôpital est une stratégie de prévention secondaire des fractures qui ne prolonge pas le séjour hospitalier et s'avère plus efficace qu'une prise en charge différée et donc plus tardive, une fois que les patients sont sortis de l'hôpital.

WCO-IOF-ESCEO 2018, Cracovie, Pologne 19-22 avril. D'après la communication orale OC17.

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