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Corticothérapie orale et risque de fracture, 3 paramètres en jeu

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Une étude menée à partir de données provenant de patients atteints de polyarthrite rhumatoïde apporte des renseignements sur l'association entre la corticothérapie orale et le risque de fractures.

Dr Jean-Claude Lemaire - 26 avril 2018

Les patients évalués atteints de PR ont été identifiés à partir d'une base de données électroniques de soins primaires du Royaume Uni (Clinical Practice Research Datalink). Ont été inclus 16 507 patients (70% de femmes) avec un suivi minimum de 1 an (moyenne 4 ans) dont 8249 ayant été exposés à des corticoïdes oraux et 8258 n'ayant jamais été exposés. Les patients exposés étaient globalement plus âgés, avaient un IMC plus élevé et présentaient plus de comorbidités.

La première fracture ostéoporotique a été identifiée pour chaque patient.

La méthode statistique de l'exposition cumulative pondérée prenant en compte simultanément la dose, la durée et la nature récente ou non de l'exposition a été utilisée pour évaluer l'effet des corticoïdes oraux sur le risque de fracture.

Au total, 590 fractures sont intervenues après une première exposition aux corticoïdes dont 516 pendant que les sujets n'étaient pas exposés.

Les résultats présentés par Danielle Robinson (photo) indiquent globalement un risque accru pour la première année suivant l'utilisation des corticoïdes puis ce risque se réduit avec le temps (figure 1).

Corticothérapie orale et risque de fracture, 3 paramètres en jeu
© updates

De la comparaison des différents types d'exposition aux corticoïdes ressortent 3 résultats clés :

1. Pour une dose constante de 5 mg/j, le risque de fracture augmente avec la durée d'utilisation : HR (IC95%) 1,09 (1,13, 1,05) à 3 mois, 1,25 (1,16, 1,35) à 6 mois et 1,42 (1,30, 1,55) à 12 mois

2. Pour une même dose totale (900 mg), un traitement à faible dose au long cours (5 mg/j pendant 6 mois) va de pair avec un risque plus faible de fracture qu'un traitement à dose élevée à court terme (30 mg/j pendant 1 mois) HR 1,42 (1,30-1,55) versus 1,70 (1,37-2,09).

3. L'arrêt des corticoïdes oraux réduit le risque de fracture, le risque revenant au niveau de base entre 6 mois et 1 an en fonction de la dose et de la durée. Ainsi pour une même dose totale de 900 mg le risque n'est plus significatif après 6 mois d'arrêt [HR 1,06 (0,97-1,15)] pour 5 mg/j pendant 6 mois et après 1 an d'arrêt [HR 0,99 (0,92-1,06)] pour 30 mg pendant 1 mois.

D'après la communication orale OC31. WCO-IOF-ESCEO 2018, Cracovie, Pologne 19-22 avril.

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