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La mémoire est faillible

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La 'Fracture Risk Brussels Epidemiological Enquiry' (FRISBEE) est une étude de cohorte qui évalue prospectivement 3560 femmes ménopausées (âgées de 60 à 85 ans) suivies annuellement pour la survenue de fractures de fragilité (auto-déclaration lors des appels téléphoniques de suivi).

Dr Jean-Claude Lemaire - 26 avril 2018

Dans FRISBEE, les facteurs de risque cliniques validés, les valeurs de densitométrie (DXA) et la prise de médicaments ont été systématiquement enregistrés au départ. En comparant leurs données à celles d'autres cohortes, les investigateurs ont constaté que la prévalence de plusieurs facteurs de risque cliniques était très variable d'une cohorte à l'autre et en particulier que la prévalence des fractures de fragilité personnelles antérieures, un des facteurs de risque clinique majeur, variait de 9 % à 51 % (27% dans la cohorte FRISBEE)

Pour éclaircir ce mystère, les investigateurs ont revisité leurs résultats pour vérifier que les auto-déclarations reflétaient bien la réalité.

Les résultats présentés par Felicia Baleanu font état de 967 fractures auto-déclarées dont 79,3% (n=767) étaient radiologiquement confirmées, ce qui laisse donc 20,7% (n=200) de fractures auto-déclarées non confirmées.

Dans ce groupe, les investigateurs ont retrouvé 113 cas (56,5%) de vrais faux positifs, ce qui veut dire qu'il n'y avait pas de fracture, le rapport de radiologie indiquait que la zone avait été examinée mais qu'aucune fracture n'avait été trouvée. Par ailleurs, pour 32 cas (16%) la radiographie correspondant à l'époque de l'auto-déclaration montrait une vieille fracture.

A signaler encore 42 cas (21%) sans radiographie (clichés non effectués ou dossier introuvable) et 13 cas (6,5%) de comptes-rendus équivoques ou de discordance de zone de fracture entre la déclaration et le cliché.

Au vu de ces données, il est conclu que l'auto-déclaration est loin d'être exempte d'erreurs et que le degré d'inexactitude est inacceptablement élevée pour les fractures considérées comme mineures (fractures touchant le visage/crâne, les côtes, le genou, le carpe/métacarpe et le tarse/métatarse (n=44 ; 38,9%), conséquent pour les fractures de la colonne vertébrale (n=26 ; 23%) et loin d'être négligeable pour la cheville (n=12 ; 10,6%) le poignet (n=11 ; 9,7%) et l'humérus (n=11 ; 9,7%).

D'après le poster P1071. WCO-IOF-ESCEO 2018, Cracovie, Pologne 19-22 avril

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