PremiumRhumatologie

Arrêt du denosumab, quels risques ?

photo

Une étude observationnelle suisse permet de mieux cerner le profil des patients à risque de fracture lors de l'effet rebond observé après arrêt du denosumab dans la vraie vie.

Dr Jean-Claude Lemaire - 26 avril 2018

L'arrêt du denosumab se caractérise par une période de forte résorption osseuse attestée par une augmentation des ß-CrossLaps au-dessus des valeurs de référence pendant deux ans et par une diminution des valeurs de densité minérale osseuse. Cet effet de rebond est associé à des fractures cliniques vertébrales spontanées chez près de 15 % des patients dans le cadre d'un suivi de 2 ans sans prise d'un autre traitement contre l'ostéoporose.

Les résultats rapportés par Elena Gonzalez-Rodriguez (photo) concernent 35 hommes et femmes n'ayant pas reçu de traitement anti-résorption après l'arrêt du denosumab et évalués au centre hospitalo-universitaire vaudois entre juillet 2015 et février 2018.

Ces sujets (66 ± 10 ans) cumulent 172 fractures cliniques vertébrales spontanées (médiane 5) dans le cadre d'un délai moyen de 12 ± 3 mois (min 7, max 20) après la dernière injection de denosumab. La moyenne des injections de denosumab était de l'ordre de 7 (min 2, max 11). Douze sujets ont eu des vertébroplasties avec 30 nouvelles fractures cliniques vertébrales spontanées dans les jours suivants, ce qui justifie la contrindication de cette procédure en cas d'arrêt du denosumab.

Le nombre de fractures cliniques vertébrales spontanées est inversement associé à l'âge (p<0,004) et le délai entre l'arrêt du denosumab et la survenue d'une fracture clinique vertébrale spontanée augmente avec l'âge, 10,4±1,7 mois avant 65 ans versus 12,7±3,3 mois après 65 ans (p=0,008). Ces données suggèrent donc que les patients les plus jeunes ont une plus grande probabilité de fractures à la fois plus nombreuses et plus précoces, indépendamment de l'existence ou non de fractures prévalentes.

A noter encore qu'il ne semble pas que la prise de bisphosphonates avant le denosumab confère une quelconque protection lors de l'arrêt de ce dernier.

Les principales raisons d'arrêt du denosumab étaient la fin d'un traitement par anti-aromatase ou la disparition de l'ostéoporose (15) et la non persistance par omission ou décision/souhait du patient (12).

Il est conclu que les fractures cliniques vertébrales spontanées sont une complication clinique très sévère et fréquente de l'arrêt du denosumab, ce qui justifie un suivi étroit pendant 2 ans.

Les investigateurs souhaitent que des études soient menées pour mieux définir la place du denosumab dans le traitement de l'ostéoporose et développer des stratégies pour éviter cet effet secondaire très dommageable pour les patients.

D'après la présentation orale du poster P637. WCO-IOF-ESCEO 2018, Cracovie, Pologne 19-22 avril.

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

En savoir plus sur

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles

Articles connexes

Infection par le VIH : Un facteur de risque indépendant d’ostéoporos

L’infection par le VIH est identifiée comme un facteur de risque indépendant d’ostéoporose, avec une diminution significative de la densité minérale osseuse chez les personnes séropositives.

Ostéopathies liées au méthotrexate : une complication rare, grave et mal identifiée

Parmi les milliers de patients atteints de maladies rhumatismales, certains présenteront un jour une ostéopathie induite par le méthotrexate. C’est une complication rare mais grave à laquelle on ne pense pas toujours. Quels sont les signes d’alerte ?

Polyarthrite rhumatoïde : pourquoi et comment décroître la corticothérapie ?

Dans la polyarthrite rhumatoïde (PR), l’EULAR positionne les corticostéroïdes (CS) comme un traitement d’appoint, l’ACR les déconseille si possible. Là où les 2 sociétés se rejoignent, c’est sur l’absolue nécessité d’un sevrage à 3 mois. Malgré ces recommandations, 80% des patients sont toujours sous CS à 1 an avec les risques intrinsèques. Dans ce contexte, il faut se poser 3 questions1. Les CS sont-ils nécessaires ? Quels sont les risques ? Comment réaliser le sevrage dans de bonnes conditions ?

Un plan national de prise en charge de la douleur est nécessaire, plaident les algologues

L'Association flamande d'anesthésiologie pour la prise en charge de la douleur et l'Association professionnelle belge des médecins spécialistes en anesthésie et réanimation (Apsar) plaident pour un plan national de prise en charge de la douleur.

Des nouvelles à partager ?

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
16 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine