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Prix du Généraliste: Dr Ha Chi Cuong

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Quels sont les obstacles à l'accès aux soins de santé chez les migrants dans un contexte de médecine générale ?

la rédaction - 3 mai 2018

L'Europe et la Belgique connaissent actuellement une vague d'immigration importante, et les personnes issues de cette immigration ont des besoins de soins de santé qui incombent le plus souvent à la médecine générale.

Bien que l'accès à la santé soit théoriquement un droit fondamental, les migrants et les médecins généralistes rencontrent souvent des obstacles, respectivement, à l'obtention et à la délivrance de ces soins. Ceci donne lieu à des situations de sous-utilisation ou en tout cas d'utilisation suboptimale du système de soins: reports de soins, le manque de compliance thérapeutique, perte au suivi, consultation non justifiées aux urgences ...

L'objectif de ce travail était donc d'identifier, analyser et catégoriser les difficultés perçues par les migrants et les médecins généralistes comme des obstacles à l'accès aux soins médicaux.

A cette fin, j'ai réalisé une revue systématique de la littérature internationale publiée entre 2007 et 2017, utilisant une méthode qualitative ou mixte, et intéressant les médecins généralistes et autres prestataires de première ligne ainsi que trois sous-groupes de migrants: les demandeurs d'asile, les réfugiés, et les migrants illégaux.

21 pays

La revue s'est intéressée à 20 articles sélectionnés sur base de critères d'inclusions pré-établis et a rassemblé les témoignages de plus de 961 médecins et migrants, répartis dans 21 pays, au travers de focus groupes et d'interview semi-structurées.

Au total, 254 éléments constituant des obstacles à l'accès aux soins ont été extraits. Durant l'analyse thématique, et selon la méthode de la théorie ancrée, ces éléments ont été systématisés en 3 axes: (1) un axe "patient-médecin" comprenant les différences culturelles, la barrière linguistique, le stress post-migration, la précarité et la méfiance vis-à-vis du corps médical et/ou de l'autorité; (2) un axe "patient-système" décrivant les difficultés des migrants à naviguer dans un nouveau système de soins, notamment en rapport avec la connaissance de leurs droits, les démarches administratives et les différences dans l'organisation des soins dans le pays d'origine; et enfin (3) un axe "médecin-système" décrivant le manque (et le drainage) des ressources des médecins ainsi que la complexité des procédures administratives et légales.

Des éléments facilitateurs à l'accès aux soins ont également pu être mis en évidence même s'ils ne faisaient pas partie de la question de recherche initiale.

A l'issue de ce travail, une série d'obstacles ont donc pu être mis en lumière, et ils pourront dès lors servir de base, une fois leur existence actée, pour améliorer la prise en charge des migrants dans un contexte de médecine générale et élargir le champs de pratique des médecins généralistes à une frange vulnérable de la population.