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"Réintégrer le travail ne peut se faire que sur base volontaire"

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La Mutualité chrétienne s'est inquiétée jeudi de la direction que semble prendre le gouvernement Michel dans la gestion de la problématique des malades de longue durée. Revenant sur ce que le cabinet de la ministre de la Santé Maggie De Block avait qualifié d'accord de principe sur la réintégration de ces personnes sur leur lieu de travail, la MC y voit essentiellement une "pénalisation financière" principalement concentrée sur le patient, de manière "disproportionnée".

17 mai 2018

"C'est absolument scandaleux", estime le secrétaire général des Mutualités chrétiennes Jean Hermesse dans un communiqué. Il pointe du doigt le principe-même d'une sanction visant le patient: "aucune réintégration au travail ne doit être imposée, mais nécessite, au contraire, d'être construite sur base volontaire".

Évoqué en début de mois dans des journaux flamands, le principe que souhaiterait suivre le gouvernement est celui de sanctions financières visant d'une part les entreprises jugées trop peu actives dans la "réintégration" de leurs employés absents, et d'autre part le patient lui-même, s'il ne fait pas suffisamment d'efforts pour reprendre le chemin du travail d'une manière ou d'une autre.

Selon la MC, "une première pénalisation financière de 5% est prévue pendant une période d'un mois, si la personne concernée ne remplit pas ses obligations administratives. Ensuite, en l'absence d'une participation active dans le processus de réintégration, les indemnités seront amputées de 10%".

Or, les personnes en incapacité de travail voient déjà leurs revenus amputés, souligne Jean Hermesse. Elles reçoivent "une indemnité s'élevant à 60% de leur salaire brut, ce qui est en soi déjà une sanction". "Renforcer cette sanction en sous-entendant que d'autres choix s'offrent à elles, c'est insinuer que certaines personnes tombent malades par plaisir ou convenance personnelle", ajoute-t-il, parlant de "stigmatisation" d'un public vulnérable.

La mutuelle approuve par contre qu'une responsabilisation des employeurs soit prévue, sous la forme d'une pénalité financière là aussi. Mais le montant en est "limité à 800 euros", ce qui fait apparaitre l'éventuelle sanction pesant sur le patient comme "d'autant plus disproportionnée".

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