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Prix du Généraliste: Dr Elisabeth Laveaux (ULG)

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Hypothyroïdie infraclinique : " Que faire chers confrères ? "*

Rédaction Web - 17 mai 2018

L'hypothyroïdie infraclinique, également appelée frustre, est une pathologie thyroïdienne définie par une élévation isolée de la valeur de la thyréopine (TSH). Il s'agit donc d'un diagnostic biologique, et son versant clinique n'est que très peu voire pas symptomatique. La progression vers une hypothyroïdie franche n'est pas inéluctable car elle ne survient que dans un tiers des cas. Elle est relativement fréquente en médecine générale puisque sa prévalence peut atteindre jusqu'à 20 % chez la femme de plus de 60 ans.

La nécessité de dépister, l'établissement d'un diagnostic et la définition des indications de traitements ne semblent pas clairement connus. Pourtant, leurs conséquences ne sont pas négligeables puisqu'elles consistent à donner au patient un traitement chronique pour une durée indéterminée.

L'objectif de ce travail de fin d'études est de déterminer une prise en charge basée sur l'expérience de médecins généralistes de la région de Liège, l'avis d'un expert et sur les données de la littérature afin d'éviter le sur-traitement ou le sous-traitement de l'hypothyroïdie infraclinique dans l'intérêt du patient.

Méthodes

Un entretien semi-dirigé de huit médecins généralistes de la région liégeoise a été mené et analysé qualitativement afin d'évaluer la prise en charge thérapeutique. L'avis d'un endocrinologue spécialisé dans les pathologies de la thyroïde a été demandé. Une recherche des données de la littérature a été réalisée en favorisant les différents sites de recommandations afin de mettre en évidence s'il existe une éventuelle discordance entre la théorie et la pratique.

Résultats

La plupart des médecins généralistes interrogés ont une connaissance limitée de l'hypothyroïdie infraclinique, ce qui amène à un dépistage excessif, un sur-diagnostic et l'instauration d'un traitement de supplémentation parfois injustifiée.

L'expert endocrinologue a une très bonne connaissance de la pathologie, cependant, son algorithme de prise en charge diffère des recommandations actuelles.

Les données issues de la littérature peuvent être contradictoires et parfois non consensuelles. Elles ne reposent que sur les études observationnelles de courte durée avec, parfois, un échantillon de trop faible importance.

Conclusion

Il n'existe pas de preuves suffisantes pour déterminer une prise en charge certaine de l'hypothyroïdie infraclinique. Cependant, les données actuelles de la littérature nous donnent des pistes pour adapter notre approche thérapeutique afin d'éviter de traiter de manière inadéquate un patient et éviter ainsi de lui procurer un traitement chronique illégitime.

Ainsi, il est recommandé de réaliser un dépistage ciblé sur une population considérée comme à risque d'une dysfonction thyroïdienne. Ce dépistage consiste en un dosage de la TSH. Si sa valeur est élevée, il est recommandé d'ajouter le dosage de l'hormone thyroxine libre (T4 libre) puis de réaliser un second dosage de TSH et T4 libre après 3 à 6 mois.

Si cette valeur de TSH reste élevée sans anomalie de la T4, le diagnostic d'hypothyroïdie infraclinique peut être posé sur simple bilan biologique.

Les indications de traitement concernent uniquement les patients à risque de progression vers une hypothyroïdie franche.

Le corps et l'humain

Après avoir effectué son assistanat tout d'abord chez un couple de médecins généralistes travaillant à l'acte dans la région de Liège centre et ensuite dans une maison médicale de la même région, le Dr Laveaux a suivi son coeur et est partie s'installer sur l'île de la Réunion, le pays d'origine de son compagnon. Quand on lui demande ce qu'elle apprécie le plus dans la pratique, elle souligne la richesse du travail, tant sur le plan intellectuel qu'humain. Ce qu'elle aime le moins ? C'est le fait de se "sentir pressée" lorsqu'elle est avec un patient. Alors que la qualité la plus appréciée chez un MG, selon elle, c'est justement la capacité d'écoute et d'empathie. "Je pense que c'est la base d'une consultation de médecine générale. A partir du moment où nous avons écouté le patient et perçu ce qu'il voulait nous dire, tout est beaucoup plus simple pour élaborer un diagnostic", explique-t-elle. la jeune femme a fait le choix de la MG car elle cherchait un métier qui la passionne et qui ne l'ennuie jamais. "J'aimais surtout la médecine interne mais je n'arrivais pas à me décider. J'ai finalement choisi la médecine générale pour le côté plus passionnant et je ne le regrette nullement", ajoute-t-elle. Le futur de la MG, la jeune médecin l'envisage plus riche en pratique de groupe. "Je pense qu'il y aura de moins en moins de médecins généralistes qui pratiqueront en solo. C'est à mon sens, une bonne chose", explique-t-elle. "Ce métier demande tellement d'investissement personnel, qu'il peut arriver que l'on se "perde" au travail et que notre motivation en prenne un coup", ajoute-t-elle. côté loisir, la jeune maman aime les sport extrêmes comme la plongée sous-marine et l'escalade pour dépasser ses limites et ses peurs, mais aussi la course à pieds et la danse. Et ce qui lui permet cependant de décompresser, c'est sa petite famille: "J'ai un fils de deux ans qui ensoleille toutes mes journées", ajoute-t-elle.

C.S.