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Et à la ménopause, on fait quoi? Rien ou presque!

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Comme leurs partenaires masculins, les femmes vivant avec le VIH ont vu leur espérance de vie s'allonger et nombre d'entre elles atteignent le seuil fatidique de la ménopause et de ses symptômes qui perturbent la qualité de vie. Or, selon les premiers résultats de l'étude anglaise PRIME, ces symptômes de ménopause sont totalement ignorés puisque à peine 8% des femmes reçoivent un traitement pour les symptômes physiques et 3% pour les symptômes urogénitaux.

Jean-Luc Schouveller - 23 mai 2018

On recense actuellement près de 10.000 femmes âgées de 45 à 55 ans vivant avec le VIH au Royaume-Uni soit cinq fois plus qu'il a dix ans. Comment ces femmes en âge de ménopause sont-elles prises en charge pour soulager les symptômes physiques, psychologiques et urogénitaux caractéristiques de cette période? Mystère! Un mystère que pourtant des investigateurs de l'UCL (University College of London) ont voulu explorer en mettant sur pied l'étude PRIME, la première étude qui explore la ménopause chez 869 femmes vivant avec le VIH. L'étude combine des méthodes d'évaluation qualitatives et quantitatives telles que un questionnaire d'enquête distribué, dans les centres de référence VIH, aux femmes de 45 à 60 ans, une enquête auprès de 88 médecins généralistes, des interviews approfondies menées en tête à tête avec 20 femmes et, enfin, trois différents groupes de discussion menés avec un panel de 25 femmes chacun.

Sur le plan des symptômes ressentis, les premiers résultats de l'étude montrent que 90% souffrent de symptômes physiques propres à la ménopause comme bouffées de chaleur, troubles du sommeil, palpitations ou douleurs articulaires diffuses, 68% souffrent de symptômes de la sphère urogénitale comme sécheresses vaginale, douleurs lors de l'acte sexuel, troubles de la miction ou infections urinaires à répétition, 78% présentent enfin certains troubles psychologiques, principalement dépression, anxiété, irritabilité ou fatigue chronique.

Sur le plan thérapeutique, seul 8% de ces femmes se sont vues proposer un traitement hormonal substitutif et 3% des traitements pour soulager les plaintes de la sphère urogénitale. La principale raison à cette négligence thérapeutique est la grande crainte des interactions avec le traitement ARV. Un immense effort doit donc être fourni par les groupes de support, les centres de référence VIH et par tout praticien en charge de femmes VIH + en âge de ménopause pour évaluer les symptômes et discuter avec elles des possibilités thérapeutiques pour améliorer leur qualité de vie.

Ref: Tariq S. et al. Consultez le site www.ucl.ac.uk/prime-study pour tous les détails et résultats de cette étude.

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