Un traitement ARV précoce protège le cerveau

Les traitements ARV jouent un rôle capital pour éliminer les symptômes de l'infection VIH, limiter le risque de transmission du virus et en réduire tant la morbidité que la mortalité. Mais pas seulement! De nouvelles données, publiées par un groupe de chercheurs internationaux, démontrent que le traitement ARV initié précocement permet de stopper voire d'améliorer les atteintes cérébrales liées à la présence du VIH. Un nouvel argument fort pour supporter la mise en place la plus rapide possible du traitement ARV dès le diagnostic posé.
Parmi la myriade de symptômes induits par l'infection VIH, on a parfois tendance à oublier les complications neurologiques en ligne avec le passage du virus au travers de la barrière hémato-encéphalique et les dégâts occasionnés au système nerveux central. En cause, un climat inflammatoire chronique qui, à la longue, induit des symptômes tels que migraines, troubles de la mémoire, de l'équilibre, de la coordination ou du comportement ainsi que des atteintes visuelles ou des crises épileptiques. Enfin, dans les affections évoluant depuis longtemps, les atteintes cérébrales peuvent souvent se traduire par le développement d'une démence et des troubles cognitifs majeurs.
Pour mieux comprendre le timing de ces dommages cérébraux et évaluer l'impact du traitement ARV, une équipe d'investigateurs internationaux a analysé et comparé les données fournies par l'imagerie médicale de pointe de trois groupes de patients soit un groupe contrôle composé de patients non infectés par le VIH, un groupe de patients vivant avec le VIH depuis de très longues années et un dernier groupe de patients récemment diagnostiqués et mis immédiatement sous traitement ARV comme le recommandent les nouvelles directives internationales.
Deux constats sont importants pour optimaliser la prise en charge des patients et protéger leur capital cérébral. Premièrement, les lésions cérébrales induites par le VIH sont précoces car déjà présentés à des degrés divers lors du diagnostic de l'infection. Deuxièmement, et c'est là le principal enseignement de cette étude, on observe, dès l'initiation du traitement ARV, une amélioration des lésions cérébrales. Ainsi, la réduction observée du volume cérébral est stoppée et, au niveau des lobes frontaux et temporaux, l'imagerie médicale montre un épaississement du cortex qui avait tendance à s'éroder. Protéger le cerveau et ses fonctions, voilà donc un nouvel argument de poids pour soutenir le dépistage précoce et la mise sous traitement ARV immédiate des patients vivant avec le VIH.
Ref: Sanford R. et al. Clinical Infectious Diseases, mise en ligne sur le site 24/04/2018.