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L'alcool déséquilibre le microbiome oral

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La consommation d'alcool, en particulier lorsqu'elle est excessive, aurait un effet négatif non négligeable sur la composition du microbiote de la bouche. Ce constat émane d'une étude américaine dont les résultats pourraient contribuer à une meilleure compréhension du rôle potentiel que jouent les bactéries buccales dans les maladies liées à l'alcool.

Luc Ruidant - 31 mai 2018

Les chercheurs ont analysé le microbiome oral de 1 044 adultes âgés de 55 à 87 ans, sans antécédents médicaux et en bonne santé au moment de l'inclusion. Le groupe comprenait 270 "non-buveurs", 614 buveurs d'alcool modérés (un verre par jour pour les femmes, un ou deux pour les hommes), et 160 gros buveurs (plus d'un verre par jour pour les femmes, plus de deux pour les hommes). Des échantillons de salive ont été prélevés et les volontaires ont dû apporter des informations relatives à leur consommation d'alcool et leurs diverses habitudes de vie.

L'analyse a montré que boire de l'alcool peut altérer certaines des quelque 700 espèces bactériennes différentes qui colonisent la cavité buccale humain, et probablement pas dans un sens favorable.

Après le séquençage des colonies bactériennes, les chercheurs ont trouvé des différences claires dans les microbiomes oraux des buveurs par rapport aux non-buveurs. Les buveurs, modérés ou non, avaient des niveaux plus importants de souches de bactéries néfastes liées à un risque accru de certains types de cancer (tête, cou, et tube digestif), de maladies des gencives et de maladies cardiaques, et des niveaux moins élevés de bonnes bactéries, celles-là même qui nous protègent des infections (caries, gingivites...). Ces différences sont probablement dues à la façon dont les bactéries interagissent avec les composés de l'alcool.

En revanche, l'étude n'a pas permis d'identifier les types d'alcool (liqueur, bière ou vin) les plus mauvais pour le microbiome oral.

(référence : Microbiome, 24 avril 2018, doi : 10.1186/s40168-018-0448-x)

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