Séparer un nouveau-né de sa mère le prédisposerait à la maladie mentale

La rupture brutale et précoce du lien mère-enfant modifierait significativement la structure et la fonction future du cerveau du nouveau-né. Ces perturbations ne seraient pas sans conséquence dans sa vie d'adulte. Elles le prédisposeraient aux troubles neuropsychiatriques tels que la schizophrénie.
Compte tenu du fait que le cerveau des rats et celui des humains présentent une structure et une connectivité similaire, des chercheurs ont retiré des rats à leur mère pendant 24 heures alors qu'ils étaient âgés de 9 jours, une période cruciale dans le développement du cerveau.
Leur analyse montre que, contrairement aux rats restés avec leurs mères, ceux qui ont été privés du lien maternel présentent des anomalies cérébrales comportementales, biologiques et physiologiques significatives une fois devenus adultes.
Parmi les changements neurologiques constatés chez les animaux ayant été séparés de leur mère, les auteurs ont identifié des altérations persistantes de la cognition et de la fonction cérébrale ainsi qu'une communication moindre entre les différentes régions du cerveau. Ces changements dans le cerveau sont similaires aux perturbations de la structure et de la fonction du cerveau que l'on retrouve chez les personnes à risque de troubles neuropsychiatriques, tels que la schizophrénie.
Selon le Pr Lapish et ses collègues, les résultats qu'ils ont obtenus devraient "inciter les politiques publiques à prendre en considération le stress que ressentent les bébés face à l'absence de leur mère dans leurs premiers instants de vie."
(référence : Translational Psychiatry, 27 mars 2018, doi :10.1038/s41398-018-0119-5)