Chez les diabétiques les pieds doivent être l'objet de tous les soins

Grâce à des données chiffrées précises, une étude anglaise souligne la gravité des plaies infectées des pieds des diabétiques et leur sous-estimation en termes de morbidité et de mortalité.
L'analyse a porté sur 299 diabétiques (âge moyen 64,3 ans, 78% d'hommes) ayant participé à l'étude CODIFI (Concordance in Diabetic Foot Ulcer Infection). Tous étaient initialement porteurs d'un ulcère infecté au niveau des pieds et ils ont été suivis de façon prospective pendant une période de 12 mois et dans ce cadre, les investigateurs rapportent :
• Une cicatrisation de l'ulcère index chez 136 des 299 patients (45,5%), mais avec récidive chez 13 patients. Le délai médian (DM) de cicatrisation de l'ulcère était de 4,5 mois.
• Une amputation de certaines parties du pied chez 52 patients (17,4% ; DM 2 mois), une revascularisation périphérique chez 18 (6% ; DM 3 mois) et la réalisation des deux types de procédures chez 10 patients (3,3%).
• La survenue de 45 décès (15,1% ; DM 5,6 mois).
La présence d'une maladie artérielle périphérique, l'existence de multiples ulcères et l'ancienneté de l'ulcère étaient les facteurs les plus prédictifs d'un mauvais pronostic à 12 mois. Ainsi, les sujets dont l'ulcère existait 2 mois ou plus avant l'inclusion avaient moins de chances de parvenir à la cicatrisation (HR 0,55), de même que ceux ayant un score de perfusion indiquant une maladie artérielle périphérique (HR 0,37). A l'inverse, le fait d'avoir un ulcère unique majorait la probabilité de cicatrisation par rapport aux ulcères multiples (HR 1,90).
Ces résultats obtenus sur une population que les investigateurs estiment représentative de la pratique clinique montrent clairement que les plaies des pieds des diabétiques sont à prendre très au sérieux et qu'une fois infectées elles s'assortissent d'une morbi-mortalité particulièrement prononcée.