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Gonarthrose: l'acide zolédronique déçoit

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Un quart d'heure à peine, le temps de présenter en session plénière les résultats de l'étude ZAP2, aura suffi pour voir s'envoler un bel espoir pour les quelques quarante millions de patients qui, en Europe, souffre de gonarthrose. Administré durant deux ans à raison d'une perfusion annuelle, l'acide zolédronique ne fait guère mieux que le placebo pour réduire la douleur et améliorer la fonctionnalité des patients mais, surtout, il ne montre aucune propension à modifier l'activité de la maladie et donc protéger l'articulation.

Jean-Luc Schouveller - 15 juin 2018

L'intérêt pour les biphosphonates dans le traitement médical de la gonarthrose s'est fait jour en 2012 avec les résultats d'une étude pilote de petite envergure menée auprès de 59 patients dont les résultats montraient, après six mois de suivi, qu'une perfusion unique d'acide zolédronique réduisait la douleur et enrayait le processus destructif articulaire comme l'attestait une diminution importante des lésions au niveau de la moelle osseuse (bone marrow lesions) observée à l'IRM. Pour rappel, ces anomalies ou lésions au niveau de la moelle de l'os, bien visible et quantifiables à l'IRM, sont fortement associées à la douleur et à la progression de la gonarthrose. Pour confirmer ces premiers résultats, une étude multicentrique, randomisée, menée en double aveugle et contrôlée par placebo a été mise sur pied. Elle a inclus 223 patients âgés de 62 ans en moyenne dont 52% étaient des femmes. Notons que les gonarthroses très sévères ont été exclues. Les patients ont été randomisés pour recevoir soit un placebo soit une perfusion annuelle d'acide zolédronique durant 2 ans. Par rapport au placebo, on n'observe aucune différence significative chez les patients traités par acide zolédronique, sur la douleur, évaluée par le score WOMAC douleur et par échelle visuelle, sur la fonctionnalité, évaluée via le score WOMAC de fonction et sur l'évolution de l'atteinte articulaire évaluée par le volume total des lésions de la moelle osseuse à l'IRM. Petite consolation, le sous-groupe des patients présentant des symptômes de gonarthrose mais dont la radiographie est encore normale (grade 0 du score de Kellgren-Lawrence) montre une tendance intéressante à l'amélioration de tous les critères d'évaluation de l'étude mais toujours sans atteindre un seuil significatif.

Ref: Cai G. et al. OP0016, EULAR 2018.

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