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Quand la gonarthrose s'aggrave, la dépression pointe son nez

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Comme souvent en cas de pathologie douloureuse chronique, les patients atteints de gonarthrose sont à haut risque de développer un état dépressif. Tel est en effet le cas pour environ 20% des patients selon les études disponibles. Mais quels sont les facteurs de gravité de la gonarthrose qui peuvent favoriser cette évolution vers un état dépressif et comment gérer cette situation?

Jean-Luc Schouveller - 15 juin 2018

L'étude américaine présentée à Amsterdam a inclus 1652 patients non dépressifs lors de leur entrée dans l'étude et souffrant de gonarthrose modérée à très sévère attestée par la présence d'altérations de la structure articulaire bien visibles à l'imagerie médicale (score de Kellgren-Lawrence grade 2,3 ou 4).

Les patients ont été évalués durant 3 ans pour ce qui concerne l'évolution de leur gonarthrose (T0-T3) et sur 3 ans aussi mais en décalage d'un an pour ce qui concerne la dépression (T1-T4). Pour le suivi, les patients ont été répartis en 5 groupes selon l'intensité croissante de la dépression et trois critères ont été évalués dans chaque groupe. Le premier critère était structurel et évaluait le degré de pincement de l'interligne articulaire à l'imagerie médicale. Le second critère était fonctionnel et évaluait le temps nécessaire pour parcourir une distance de 20 mètres.

Le troisième critère était constitué par la douleur évaluée sur base du score de WOMAC. Les résultats montrent qu'au plus la structure articulaire se dégrade, au plus la douleur est intense et au plus la fonctionnalité régresse, au plus le risque de basculement vers la dépression est important. Sur le plan pratique, ce constat implique qu'il nécessaire de prendre en charge la dépression mais pas seulement. Il est indispensable d'avoir une attitude duale qui consiste à traiter conjointement, et de la façon la plus efficace possible, la perte de fonctionnalité, la dégradation structurelle de l'articulation et la douleur.

Ref: Rathbun AM et al. OP0003, EULAR 2018.

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