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PrEP en hausse constante, préservatif en baisse

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Une étude australienne constate que, parallèlement à une augmentation du recours à la PrEP, l'utilisation du préservatif par les hommes pratiquant le sexe avec d'autres hommes, sous PrEP ou non, est en nette baisse lors de relation sexuelle avec un partenaire occasionnel. Si, actuellement, cette tendance baissière du recours systématique au préservatif n'affecte pas la baisse constante du taux de nouveaux cas de VIH dépistés, une crainte se fait jour sur les conséquences à plus long terme de cette nouvelle tendance sur l'épidémiologie du VIH.

Jean-Luc Schouveller - 27 juin 2018

L'Australie est, après les Etats-Unis, le pays pionnier de l'implantation de la PrEP pour protéger les personnes HIV négatif et à haut risque de contracter l'infection. Une récente étude épidémiologique menée dans deux grands centres urbains, Melbourne et Sydney, constate une accélération de la mise sous PrEP. Celle-ci passe de 2% en 2013, 2014 et 2015 à 7% en 2016 et 24% en 2017. En parallèle, on observe une nette désaffection pour l'usage systématique du préservatif en cas de relations sexuelles occasionnelles au sein du groupe des hommes pratiquant le sexe avec d'autres hommes, gay ou bisexuels, traités par PrEP.

Le recours au préservatif passe, en effet, de 46% en 2013 à 42% en 2016 et 30% en 2017. Cette tendance n'est pas le fait exclusif des patients sous traitement prophylactique puisque l'analyse d'un groupe d'hommes pratiquant le sexe avec d'autres hommes, HIV négatif et sans PrEP constate une diminution significative de l'usage du préservatif lequel passe de 49% à 40% entre 2013 et 2017. Comment expliquer cette désaffection pour l'usage du préservatif au sein de cette population à risque et sans protection antivirale?

Les auteurs suggèrent que ceci serait lié à la perception que le sexe sans préservatif est devenu nettement moins risqué depuis l'élargissement du recours à la PrEP. Les personnes se sentent plus en confiance avec un partenaire traité par PrEP et, par définition, non porteur du VIH. Plus généralement, ils estiment que la PrEP réduit de facto la prévalence du VIH et que le sexe sans préservatif est moins risqué.

Cette nouvelle tendance ne semble pas avoir actuellement d'impact sur la diminution constante du nombre de nouveaux cas de VIH dépistés. Entre 2016 et 2017, Sydney en a enregistré 11% de moins et Melbourne 16% de moins. Mais, les experts sont inquiets. Toutes les projections démontrant l'effet positif de la PrEP sur le recul du VIH sont basées sur le postulat d'un maintien étendu de l'usage du préservatif. Or, et cette étude le prouve, ce postulat a un coup dans l'aile. De nouveaux modèles mathématiques sont donc nécessaires pour réévaluer les bénéfices de la PrEP sur l'épidémiologie du VIH à la lumière de cette nouvelle tendance.

Ref: Holt M. et al. The Lancet HIV mise en ligne sur le site de la revue.

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