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L'ingestion d'un piment déclenche de terribles céphalées !

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C'est un cas clinique particulièrement épicé qui est relaté par la revue BMJ Case Reports. Celui d'un Américain de 34 ans sans antécédents médicaux importants, pris de fortes migraines après avoir avalé, dans le cadre d'une compétition quelque peu stupide, un Carolina Reaper (Faucheuse de la Caroline), piment rouge longtemps considéré comme le plus fort du monde.

Luc Ruidant - 5 juillet 2018

Le Carolina Reaper est né du croisement entre le Habanero (577 000 unités sur l'échelle de Scoville), piment originaire du Mexique, et le Bhut Jolokia (1 001 304 unités Scoville), originaire du nord-est de l'Inde. A titre de comparaison, le piment d'Espelette par exemple n'est qu'aux alentours de 2 000 et le piment de Cayenne le plus relevé se situe à 50 000.

Le Carolina Reaper atteint, lui, en moyenne un taux de plus de 1,6 million unités Scoville, selon des tests réalisés par l'université américaine de Winthrop en Caroline du Sud. C'est dire si ça pique fort ! Il a toutefois été détrôné en 2017 par le Pepper X, un piment vert.

Après l'ingestion d'un Carolina Pepper, l'homme concerné a commencé à avoir des haut-le-coeur, mais n'a pas vomi, indiquent les médecins. Le lendemain et le surlendemain, il a souffert, à au moins deux reprises, d'une céphalée aiguë, sévère, d'une durée de quelques secondes, dans le cou et à l'arrière de la tête. Son intensité a tout de suite été maximale. Cet homme a présenté ce que les neurologues appellent une céphalée en coup de tonnerre, autrement dit un mal de tête à début explosif qui a fini par s'étendre à l'ensemble du crâne.

La violence de la céphalée était tellement insupportable que le patient s'est rendu aux urgences du centre médical Bassett, à Cooperstown (Etat de New-York) quelques jours après sa participation au concours. Il y a subi des tests neurologiques qui n'ont montré aucune pathologie : pas de faiblesse musculaire, de troubles de l'élocution ou de perte passagère de la vision qui auraient pu traduire un AVC, et pas d'anévrisme.

Plus tard, à l'angioscanner, on a toutefois diagnostiqué un syndrome de vasoconstriction cérébrale réversible (SVCR), caractérisé par l'association d'une céphalée aiguë et d'un rétrécissement temporaire du diamètre de plusieurs artères cérébrales, avec ou sans symptômes neurologiques associés. Le traitement a consisté en une simple surveillance. Cinq semaines après, les symptômes se sont résorbés d'eux-mêmes et une radio de contrôle a montré que les artères du patient téméraire avaient repris leur taille normale.

Jusqu'à présent, aucun SVCR n'avait été décrit après ingestion d'un piment fort. Normalement, il survient après la prise de certains médicaments vasoconstricteurs ou d'une drogue également vasoconstrictrice (cocaïne, amphétamines et ecstasy). Reste à espérer que cet homme aura retenu la leçon de son atroce mal de crâne...

(référence : BMJ Case Reports, 9 avril 2018, doi :10.1136/bcr-2017-224085)

http://casereports.bmj.com/content/2018/bcr-2017-224085.full

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