PremiumCompétitions médicales

Into the white

photo

SPITZBERG Karen Debie, cardiologue à l'AZ Turnhout, s'est rendue en mars dernier avec Le Grand Nord au Spitzberg norvégien. Une expédition malheureusement avortée, puisque l'intéressée a dû être évacuée d'urgence pour cause de gelures aux orteils. Une malédiction que Karen entend bien oublier en se préparant d'ores et déjà pour son prochain voyage.

5 juillet 2018

Le voyage au Spitzberg était déjà la quatrième expédition du Dr Debie avec Le Grand Nord, après la Finlande et deux autres sorties en Norvège.

" Nous sommes partis au Spitzberg la dernière semaine de mars, assez tôt dans l'année donc. L'idée était de voir la lumière bleue, la transition entre la lumière d'hiver et celle d'été. Normalement, cette expédition a lieu en avril, quand il fait jour 24 h sur 24. Mais en mars, il faisait encore nuit à deux heures du matin, et donc extrêmement froid."

Ce n'est pas pour les chiffes molles

La grande nouveauté dans cette expédition pour notre cardiologue, c'est que l'équipée dormait cette fois-ci sous tente et non dans des huttes. Sept nuits sur la glace. " C'était une toute autre expérience, car une bonne partie du temps était consacrée à monter et démonter le camp. Dans une hutte, il suffit d'allumer le feu et dix minutes plus tard, vous êtes installés et au chaud. "

Un week-end de préparation a précédé l'expédition. " Monter une tente, je savais déjà le faire, mais pas dans des conditions aussi extrêmes. Cette préparation tombait donc à point. Cela m'a aussi permis de faire connaissance avec les autres participants. "

Un tel voyage nécessite-t-il des précautions particulières? "Pas vraiment. Le matériel était entièrement fourni par l'organisation. Tout était réglé comme du papier à musique. Il faut bien sûr avoir une bonne condition physique et être sportif. Et ne pas faire la chiffe molle face au froid glacial (rires)."

Attention : ours polaires

L'expédition a commencé par une virée en scooter depuis la capitale, Longyearbyen. " Nous avons roulé pendant trois heures, nous éloignant petit à petit du monde civilisé."

À l'arrivée au camp de base, la tempête faisait rage, raconte le docteur Debie. " Nous avons passé 24 h à attendre dans la tente que ça se calme."

Au programme de ce voyage : 12 km par jour de trekking. " Lors des sorties précédentes, où nous dormions dans des huttes, nous parcourrions parfois 27 km par jour, mais ici, il fallait compter deux à trois heures d'installation et de désinstallation. "

A côté des tentes, un tipi était également installé pour cuisiner et manger. " nous devions à chaque fois creuser le sol pour pouvoir nous asseoir facilement. Tout cela demandait de l'énergie. D'autant plus que la tempête avait aplati notre tipi comme une crêpe."

Pour évoluer dans les paysages glacés du Spitzberg, il fallait des skis de fond, doublés de peaux de phoque, pour ne pas glisser en arrière dans les montées. " Chaque participant avait sa propre pulka (ou traineau, ndlr) avec son matériel. Les deux femmes du groupe dormaient ensemble dans une tente, répartie entre les deux pulkas. Il fallait aussi transporter les taques de cuissons, l'essence et la nourriture - celle du chien y compris. Celui-ci nous accompagnait pour nous prévenir de la présence d'ours polaires..." Un fusil venait compléter l'équipement obligatoire. " Au final, nous n'avons pas vu d'ours, mais bien des empreintes fraîches au court du dernier jour."

Une pulka pèse facilement entre 30 et 40 kilos. " Pas si difficile à tirer en fait, surtout que le poids diminue au fur et à mesure du périple."

Nourriture en boîtes

Et comment cuisiner par des températures aussi basses ? " C'est de le nourriture en boîtes. On ne peut donc pas vraiment parler de cuisine. Pour les expéditions précédentes, c'était différent. Nous avions du saumon frais, des tartes glacées, des boissons fortes... On se baladait constamment avec notre frigo derrière nous. De plus, dans les huttes, il y a tout pour préparer un super repas. "

Pour ceux qui se poseraient la question : Est-il possible de se doucher lors d'un voyage comme celui-là ? " On ne se lave pas pendant une semaine. Vous pouvez emmener des lingettes humides, mais vous devez alors les transporter sur vous, afin qu'elles ne gèlent pas. Pour le reste, il faut juste emmener deux pantalons propres et c'est à peu près tout... "

" Les nuits se sont assez bien passées ", estime le docteur Debie. " En dépit du froid et du bruit du vent, j'ai toujours réussi à m'endormir, mais avec des sousvêtements thermiques bien sûr, et parfois même avec ma doudoune, en plus de mon sac de couchage en duvet."

Ce n'est tout de même pas une partie de plaisir, avouons-le. " Personnellement, j'adore ça et je repartirais quand vous voulez. Il faut pouvoir souffrir un peu parfois pour voir des choses exceptionnelles. Il y avait encore plus de montagnes et de variations que ce que j'avais imaginé. À mes yeux, ça n'a jamais été monotone. De plus, j'adore le froid et la neige. "

À couper le souffle

Au quatrième jour, le malheur a pourtant frappé... " J'ai dû être évacuée à cause de mes orteils gelés. C'était vraiment affreux. J'étais très déçue. Mais le vol en hélicoptère était à couper le souffle. De retour à la capitale, j'ai passé un jour à l'hôpital, le temps que mes orteils dégèlent. Toute la peau a dû se régénérer et mes ongles ont ensuite repoussé. J'ai passé le reste de la semaine à l'hôtel à attendre le retour de l'équipe. Je ne pouvais pas faire grand chose, vu que je ne pouvais pas marcher. Heureusement, mes orteils sont complètement guéris à présent. Ils sont toujours bien accrochés à mon pied (rires). "

" Le reste du groupe a aussi énormément souffert ", poursuit le docteur Debie. " La température tournait autour des - 25 °, avec un énorme taux d'humidité. Le but était de marcher en direction de la côte Est, car c'est là que l'on a le plus de chances de voir les ours polaires. Mais la proximité de la mer amène beaucoup de condensation, au point qu'il est quasiment impossible de dormir au sec dans son sac de couchage. "Un autre Belge a d'ailleurs dû être évacué, également suite à des gelures. J'étais contente de ne pas être la seule..."

photos : www.marievandekerckhove.com

Veerle Caerels

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles

Des nouvelles à partager ?

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
02 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine