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La lumière bleue des écrans peut détruire la rétine

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Selon une étude américaine, la lumière bleue diffusée par les écrans des smartphones, tablettes, ordinateurs ou autres liseuses n'empêche pas seulement de trouver le sommeil. En créant une réaction chimique toxique, elle finit par tuer les photorécepteurs de l'oeil et par endommager la rétine au point de favoriser le risque de cécité.

Luc Ruidant - 21 août 2018

On se doutait déjà que la lumière bleue, omniprésente avec la multiplication des écrans, pouvait abîmer notre vision. Une équipe de l'Université de Toledo (Ohio) vient de montrer comment cela se produit.

Le Dr Ajith Karunarathne et ses collègues expliquent que ni la cornée, ni le cristallin, ne peuvent bloquer ou refléter cette lumière qui finit par atteindre la rétine et ses cellules photoréceptrices grâce auxquelles les informations visuelles peuvent être traitées correctement.

Mais pour détecter la lumière, ces cellules photoréceptrices ont besoin de molécules appelées rétinal. Or, en exposant de manière prolongée le rétinal à la lumière bleue, les chercheurs ont constaté qu'une réaction néfaste se produit. Le rétinal se met à libérer des molécules chimiques toxiques qui tuent les cellules photoréceptrices et, une fois détruites, ces dernières ne se régénèrent pas. Conséquence : cela accélère la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), qui intervient normalement à partir de 50 ou 60 ans.

Les chercheurs recommandent de porter à l'extérieur des lunettes dont les verres filtrent à la fois la lumière bleue et les UV, et d'éviter d'utiliser le smartphone ou la tablette dans le noir. Ils approuvent le fait que certaines firmes ajoutent des filtres aux écrans des téléphones cellulaires.

Ils évoquent aussi la possibilité d'un traitement, plaçant leurs espoirs dans une molécule appelée tocophérol. Antioxydant naturel et dérivée de la vitamine E, elle empêche la mort des photorécepteurs. Le Dr Ajith Karunarathne espère qu'elle pourra être appliquée dans les yeux sous forme de gouttes capables de ralentir la dégénérescence maculaire.

(référence : Scientific Reports, 5 juillet 2018, doi : 10.1038/s41598-018-28254-8)

https://www.nature.com/articles/s41598-018-28254-8#author-information

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