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BPCO: attention aux recours inappropriés aux corticoïdes inhalées en médecine générale

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Selon une étude anglaise menée à Bristol, nombreux sont les patients BPCO traités, en médecine générale, par trithérapie inhalée contenant des corticoïdes alors qu'ils ne répondent pas aux critères GOLD pour ce type de prise en charge. Corriger ce biais par un retour vers la bithérapie LABA/LAMA, tel que recommandée dans ce cas, offre un triple avantage comme ont pu l'observer les investigateurs: économie d'échelle, meilleure sécurité d'emploi et, surtout, maintien d'un bon contrôle des symptômes et du risque d'exacerbations. L'excès est souvent l'ennemi du bien, n'oublions jamais cette sagesse populaire!

Jean-Luc Schouveller - 18 septembre 2018

La généralisation des dossiers médicaux électroniques constitue une source inépuisable de données en conditions de vie réelle pour comprendre, évaluer et, dans certains cas corriger et ainsi améliorer les pratiques diagnostiques et la démarche thérapeutique en médecine.

Prenons le cas des patients BPCO. Que nous disent les recommandations GOLD 2017 pour un recours aux corticoïdes inhalés ? Ils sont réservés aux patients avec un historique d'exacerbations (deux ou plus d'exacerbations/an ou une exacerbation nécessitant une hospitalisation) ou une BPCO combinée à un asthme.

Passant au crible fin les dossiers médicaux électroniques des patients respiratoires de 56 pratiques de médecine générale dans la région de Bristol, les investigateurs de cette étude ont mis à jour près de 900 patients BPCO sous trithérapie inhalée ne répondant pas aux critères pour un recours aux corticoïdes en inhalation.

Après exclusion des erreurs d'encodage, des erreurs dans la définition de la notion d'exacerbation, 230 patients traités de manière inappropriée se sont vus proposer un entretien au cours duquel une bithérapie LABA/LAMA, plus en ligne avec leur état, leur a été proposée. Un accord a été obtenu auprès de 150 patients.

Trois mois plus tard, 63% sont toujours sous bithérapie sans inconvénients majeurs et 37% sont revenus vers une trithérapie principalement pour cause d'aggravation des symptômes comme la toux ou la dyspnée d'effort, pour survenue d'exacerbations mais aussi suite à des difficultés d'utilisation du nouvel inhalateur d'où l'importance, en cas de changement de traitement, de veiller à choisir des inhalateurs aux mécanismes identiques.

Ref: Creamer A. et al. Poster PA916, ERS 2018, Paris

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