Maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI) et vaccinations

La prévention des risques infectieux (notamment grippe et pneumocoque) par vaccination est recommandée chez les sujets sous immunosuppresseurs pour une maladie auto-immune ou inflammatoire chronique.
A l'initiative de l'Association VacciNation Immunodéprimées Réalité, phonétiquement AVNIR (groupe d'associations françaises de patients immunodéprimés), une enquête a été menée en France en 2016 via un questionnaire en ligne pour évaluer la prévalence de la vaccination contre la grippe et contre le pneumocoque.
Parmi les 1.625 personnes ayant répondu, 199 étaient atteints de MICI (85% d'hommes, 32% de moins de 30 ans) et près des deux tiers (62%) recevaient des immunosuppresseurs (corticoïdes 22%, immunomodulateurs 58%, biothérapies 31%). Parmi les sujets traités, le traitement avait été mis en place depuis plus de 5 ans.
Les résultats montrent que seulement 34% de ces sujets se déclarent vaccinés contre la grippe et 38% contre le pneumocoque.
Des analyses complémentaires montrent que la probabilité de vaccination contre la grippe est 2 fois plus élevée chez les patients sous immunosuppresseurs et 3 fois plus élevée chez ceux ayant une attitude favorable vis-à-vis des vaccins en général et chez ceux ayant une bonne connaissances des bénéfices à attendre de la vaccination.
Mais les deux résultats les plus importants sont d'une part que la recommandation par un professionnel de santé est le facteur qui augmente le plus les chances que le patient soit vacciné et d'autre part que la principale raison avancée pour la non vaccination est qu'elle n'a pas été proposée. A méditer.
P Loubet et al. Dig Liver Dis. 2018; 50: 563-7. https://www.dldjournalonline.com/article/S1590-8658(17)31364-6/abstract