Infection VIH en période périnatale et risque de cancer à l'adolescence

Selon une étude anglaise, les adolescents ayant contracté le virus du VIH durant la période périnatale (avant ou juste après la naissance) présentent un risque de développer un cancer multiplié par 13 et un risque de décès multiplié par 9 par rapport aux jeunes d'âge identique mais exempts d'infection VIH.
Les investigateurs de cette étude ont évalué l'incidence des tumeurs malignes ainsi que le taux de mortalité toutes causes confondues au sein d'un groupe de 290 adolescents et jeunes adultes, âgés de 10 à 24 ans, ayant contracté le virus du VIH durant la grossesse maternelle ou à la naissance. Dans ce groupe, 8 jeunes (2,8%) au total ont développé une tumeur maligne durant le suivi. Six des 8 cancers étaient des lymphomes survenus à l'âge moyen de 19 ans. Le taux d'incidence pour tous les cancers combinés était de 3 pour 1000 personnes-années. Si on compare ce taux observé à celui de la population générale non VIH de même âge qui est de seulement 0,2 pour 1000 patients-année, on constate une multiplication par un facteur 13 du risque de développement d'un cancer chez les adolescents ayant contracté le VIH en période périnatale. Pour le risque de décès, il est lui multiplié par un facteur 9 comparativement à la population générale d'âge identique.
Bien que 4 de ces 8 adolescents avaient une charge virale indétectable lors du diagnostic de leur cancer, l'examen approfondi de leur dossier médical montre que tous ont passé de longues périodes de temps avec une charge virale détectable en raison d'un manque d'assuétude thérapeutique. Pour ce qui est des causes possibles de développement d'une tumeur maligne au sein de ce groupe d'adolescents exposées à l'aube de leur vie au virus VIH, les investigateurs ne peuvent avancer que des hypothèses dont la plus plausible est celle d'une inflammation chronique prolongée en raison d'une suppression virale non constante et d'une immunité insuffisamment boostée puisque le nadir moyen de CD4 était de 220 cellules/mm3. Ces constatations montrent toute l'importance d'instaurer un traitement antirétroviral précoce et surtout continu chez les sujets infectés en période périnatale.
Ref: Chhabra S. et al. Abstract THAB0104, International AIDS Conference 2018, Amsterdam.