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Traitement des MICI et risque infectieux

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Une équipe française a évalué le risque d'infections graves et opportunistes associé à la prise d'anti-TNF et de thiopurines utilisés seuls ou en association.

Dr Jean-Claude Lemaire - 17 octobre 2018

Le travail a été mené sur une large cohorte de patients adultes (n=190.694) traités pour maladie inflammatoire chronique intestinale et dont les données avaient été collectées au niveau des caisses d'assurance maladie entre janvier 2009 et décembre 2014.

Parmi ces patients, 67% n'avaient jamais été exposés aux anti-TNF ou aux thiopurines. Ces sujets étaient en moyenne plus âgés (moyenne 47,8 ans) que les sujets exposés à ces traitements (globalement moins de 40 ans) soit isolément thiopurines 25%, anti-TNF 14%, soit en association (6%).

Au cours du suivi, 8.561 infections sévères et 674 infections opportunistes ont été documentées, aboutissant à des taux d'incidence respectifs de 9,4/1.000 et 0,8/1.000 personnes-année.

Les infections sévères survenaient en moyenne après 10 à 12 mois pour les monothérapies et après 4,5 mois en cas d'association.

Les risques d'infections sévères et d'infections opportunistes étaient plus importants sous association que sous monothérapie par anti-TNF, HR (IC 95%) respectifs 1,23 (1,05-1,45) et 1,96 (1,32-2,91).

Le risque d'infections sévères sous monothérapie par anti-TNF était plus élevé que sous monothérapie par thiopurines, HR 1,71 (1,56-1,88). En revanche, le risque d'infections virales opportunistes était presque moitié moindre sous monothérapie par anti-TNF que sous monothérapie par thiopurines, HR 0,57 (0,38-0,87).

A noter encore que par rapport à une monothérapie par anti-TNF, les risques d'infections sévères et d'infections mycobactériennes sont augmentés respectivement de 71% et 98% en cas d'association des deux types de traitement.

J Kirchgesner et al. Gastroenterology. 2018; 155: 337-46. https://www.gastrojournal.org/article/S0016-5085(18)30445-1/fulltext

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