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Les séniors, un groupe à risque dans la circulation

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MOBILITÉ Dans notre pays, un quart des décès consécutifs à un accident de la route concernent les plus de 65 ans... et lorsqu'on rapporte leur probabilité d'être grièvement blessés au nombre de kilomètres parcourus, les séniors présentent un risque quatre fois plus élevé que l'automobiliste lambda !

1 novembre 2018

On le sait, les séniors représentent une part de plus en plus importante de la population belge, et le nombre de plus de 67 ans devrait même encore augmenter de 40 % d'ici à 2050. Ces personnes restent aussi plus longtemps en bonne santé et donc relativement actives, et il est d'autant plus préoccupant de constater que la proportion de graves accidents de la route dans lesquels elles sont impliquées est en rapide augmentation. D'après des chiffres de l'Institut Vias, la part des plus de 65 ans dans les décès liés à la circulation est ainsi passée d'un sixième en 2008 à un quart en 2017. Un sénior au volant présente donc un risque comparable à celui d'un conducteur de 18 à 24 ans d'être blessé ou de mourir dans un accident...

Facteurs de risque

Chez un tiers des séniors blessés au volant, l'accident s'est produit à un carrefour ; ceux qui comportent des panneaux de priorité semblent particulièrement dangereux. Ce contexte impose en effet d'être attentif à d'autres usagers de la route venant de plusieurs directions, de jauger leur vitesse et de réagir très rapidement... et lorsque ces facultés sont émoussées par l'âge, de telles situations deviennent rapidement dangereuses. Tourner à gauche, en particulier, est souvent problématique.

Le danger augmente tout particulièrement avec l'âge dans les groupes qui présentent déjà le risque le plus élevé au kilomètre, à savoir les piétons et les cyclistes. Ceux-ci représentent près de 60 % des victimes de la circulation chez les séniors, ce qui s'explique sans doute par le fait que les ainés se déplacent globalement plus à pied qu'en voiture.

Les accidents impliquant des séniors se produisent généralement aussi plus tard dans la matinée, parce qu'ils ont tendance à éviter de prendre la route aux heures de pointe. Ils sont aussi moins souvent concernés par les accidents nocturnes, en particulier au cours du weekend.

Solutions

Pour accroître la sécurité des séniors sur la route, Vias plaide en première instance en faveur de meilleures infrastructures routières, avec une signalisation claire, des feux permettant de tourner à gauche sans conflits et des passages pour piétons avec ilot central sur les voies les plus larges. Lors de l'achat d'un nouveau véhicule, les séniors devraient aussi penser aux équipements susceptibles d'améliorer leur sécurité, tels qu'une boîte de vitesses automatique, un système anticollision, un système de surveillance d'angle mort ou un système d'assistance temporelle (qui indique au conducteur qui s'apprête à tourner à gauche s'il a encore le temps d'effectuer sa manoeuvre avant d'être rejoint par un véhicule qui arrive en sens opposé). Il est évidemment aussi capital qu'ils apprennent à utiliser efficacement ces outils technologiques pour améliorer leur confort et leur sécurité.

Depuis 2013, les nouveaux permis de conduire belges au format carte de banque ont en outre une durée de validité administrative limitée à dix ans (les modèles papier plus anciens restant, eux, valables jusqu'en 2033). Lors du renouvellement de son permis, le titulaire doit signer une déclaration sur l'honneur ; s'il ne veut ou ne peut pas le faire, il devra se soumettre à un examen médical auprès d'un médecin de son choix, qui pourra le cas échéant le référer à un spécialiste ou au CARA (Centre d'Aptitude à la Conduite et d'Adaptation des Véhicules).

Imposer un examen médical passé un certain âge n'améliorerait pas forcément la sécurité routière, souligne Vias ; mieux vaudrait alors introduire une réévaluation de l'aptitude à la conduite pour tout conducteur lors du renouvellement du permis. Il est avant tout important de faire prendre conscience aux personnes âgées de leurs limitations éventuelles et du risque accru d'accidents qui en découle.

Les véhicules autonomes, la solution ?

Les fabricants automobiles et spécialistes informatiques travaillent d'arrache-pied à développer des véhicules autonomes, capables de circuler sans l'intervention d'un conducteur humain. Ces voitures d'un genre nouveau seront-elles la solution miracle pour les personnes à mobilité réduite ?

En mai de cette année, la première voiture sans conducteur s'est aventurée sur les routes du royaume. L'eurocommissaire Maro? ?ef ovi a en effet parcouru Louvain à bord d'un véhicule autonome - au fil d'un parcours soigneusement balisé et fermé à la circulation pour l'occasion afin de ne pas devoir prendre en compte les autres usagers, le constructeur n'étant manifestement pas encore tout à fait certain des capacités réelles de ce nouveau joujou. Nombre d'obstacles technologiques, juridiques et touchant aux assurances restent en outre à surmonter, mais rares sont ceux qui doutent encore que les voitures sans chauffeur trouveront un jour leur place sur nos routes.

La Belgique compte plus de 3,3 millions d'habitants " à mobilité réduite " - une catégorie qui regroupe les personnes avec un handicap visuel, auditif ou cognitif, les usagers en chaise roulante, les séniors et les personnes confrontées à des difficultés plus transitoires (utilisation de béquilles, parents avec une poussette, femmes enceintes, etc.). Des véhicules autonomes pourraient contribuer à réduire la dépendance de ces personnes vis-à-vis d'autres conducteurs ou d'un service de transports en commun spécial. En 2017, l'institut Vias a eu l'occasion de tester trois mois durant l'EasyMile-shuttle, un véhicule autonome qui peut transporter une dizaine de passagers et est pourvu d'une rampe automatique. L'autonomie à elle seule ne suffit pas, souligne toutefois Vias : il est aussi important de tenir compte des besoins spécifiques des passagers lors de la préparation du déplacement, lors de l'embarquement/débarquement et au cours du trajet proprement dit...

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