A propos des interruptions de traitement sous inhibiteurs de l'intégrase

Une importante étude rétrospective menée par des investigateurs canadiens confirme la bonne tolérance générale des schémas thérapeutiques axés sur un inhibiteur de l'intégrase ainsi que leur faible taux d'interruption.
L'étude publiée dans la revue AIDS concerne l'administration de raltegravir, de dolutégravir et d'elvitégravir/cobicistat chez 1344 patients vivant avec le VIH dont une vaste majorité (85%) avait déjà été traitée par d'autres schémas antirétroviraux. Sur une période de suivi de deux ans, on observe une incidence de survenue d'effets indésirables de 2,91 pour 100 patients année dans le groupe raltegravir, de 2,96 pour 100 patients année en cas de schéma centré sur le dolutégravir et de 5,94 pour 100 patients année pour l'elvitégravir/cobicistat.
Les effets secondaires sous ce dernier schéma étaient majoritairement de nature gastro-intestinale. Pour le dolutégravir, les effets secondaires neuropsychiatriques étaient plus fréquents mais sans atteindre le seuil de significabilité par rapport aux deux autres inhibiteurs de l'intégrase pris en compte pour cette analyse. Un autre résultat intéressant concerne le taux d'arrêt du traitement antirétroviral pour cause d'effets secondaires.
Il est de 4,4% pour le groupe soumis au raltegravir, de 5,2% pour le dolutégravir et de 9,6% pour l'elvitégravir-cobicistat. Incidence des effets secondaires faible, peu d'arrêts thérapeutiques pour cause de mauvaise tolérance, autant de données qui confirment le bon profil de tolérance de cette classe d'antirétroviraux avec un petit bémol cependant pour ce qui concerne l'elvitégravir-cobicistat.
Ref: Lepik KJ et al. AIDS 2018;32(7):903-912.