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Santé mentale et stigmatisation chez les jeunes vivant avec le VIH

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Stigmatisation et altération de la santé mentale ont un impact non négligeable sur le décours de la maladie (dépistage, mise sous traitement et rétention thérapeutique), sur le bon suivi thérapeutique au quotidien et sur la qualité de vie générale des patients vivant avec le VIH, surtout les plus jeunes soit qu'ils aient contracté le virus in utero, soit que son origine soit liée à leur comportement sexuel ou addictif.

Jean-Luc Schouveller - 7 novembre 2018

Une étude intéressante, menée par des investigateurs ukrainiens, a cherché non seulement à chiffrer cet impact mais aussi à mettre en évidence les facteurs épidémiologiques et sociétaux qui sous-tendent stigmatisation et troubles psychologiques afin d'élaborer des stratégies de prise en charge efficaces et plus personnalisées.

Cette étude se base sur les réponses à une enquête confidentielle proposée à de jeunes patients vivant avec le VIH. D'une part, un groupe de 104 jeunes patients ayant été infectés in utero par le virus du VIH, âgés de 15,5 ans, pris en charge depuis 12,3 ans en moyenne dont 97% sont sous traitement antirétroviral et, d'autre part, un groupe de 100 patients ayant contracté le VIH suite à leur comportement sexuel ou leur addiction aux drogues injectables âgés, eux, de 23 ans, pris en charge depuis un an en moyenne dont 66% sont sous traitement antirétroviral.

Sur l'ensemble des participants à cette enquête, près de la moitié reconnaît souffrir de symptômes d'anxiété sans différences marquées suivant le mode de contamination ou le genre. De plus, 42% rapportent des troubles émotionnels pour lesquels aucun suivi ou traitement spécifique n'a été proposé.

Parmi les principaux facteurs favorisants de ces états anxieux, on retrouve : une stigmatisation importante en rapport avec le VIH, un faible niveau d'estime de soi, un taux de CD4 inférieur à 350 cellules/mm3, un niveau élevé de précarité ou, encore, ne pas avoir, dans son entourage proche, quelqu'un de confiance qui est au courant de son statut VIH. De plus, l'usage de drogues injectables participe hautement à la détérioration de la santé mentale chez les patients dont la contamination est d'origine comportementale.

Faciliter le dépistage et la prise en charge des troubles psychologiques au sein des consultations VIH, lutter contre la stigmatisation et améliorer l'estime soi constituent, selon les investigateurs, les axes majeurs pour des stratégies visant à améliorer les troubles anxieux de ces jeunes patients.

Ref: Durteste M. et al. Abstract O224, HIV Glasgow 2018.

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