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Nouveaux antidiabétiques et risque neuropsychiatrique

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A l'heure où les recommandations conjointes de l'EASD et de l'ADA font la part belle aux nouveaux traitements du diabète dans le cadre général d'une approche basée sur le patient, la vérification du bien fondé des craintes vis-à-vis de ces molécules est bienvenue.

Dr Jean-Claude Lemaire - 7 novembre 2018

C'est dans ce cadre que s'inscrit un travail portant sur les agonistes des récepteurs du glucagon-like peptide-1 (GLP-1) et les inhibiteurs de la dipeptidylpeptidase-4 (DPP-4), agents qui avaient été accusés de pouvoir engendrer des effets neuropsychiatriques délétères. Dans le travail en question, les investigateurs ont recherché chez des diabétiques de type 2, l'existence et l'importance d'une éventuelle association entre ces deux types d'antidiabétiques et un critère composite regroupant dépression récente et automutilation dans le diabète de type 2.

La population étudiée était extraite d'une étude de cohorte plus vaste regroupant les données de sujets chez qui un diagnostic de diabète de type 2 avait été posé ou qui avait reçu un quelconque agent antidiabétique entre 2007 et 2016.

A partir de cette cohorte, les investigateurs ont constitué deux groupes distincts:

• sujets ayant initié un traitement par un inhibiteur de la DPP-4 (n= 6.206, suivi moyen, 324 jours) ou par une sulfonylurée (n=22.128, suivi moyen, 299 jours). Globalement, les sujets DPP-4 étaient plus jeunes, étaient moins souvent hospitalisés et présentaient moins souvent des altérations de la fonction rénale.

Dans ce groupe, l'incidence de dépression et d'automutilation, exprimée en événements par 1.000 Patients-Année (1.000 PA) était moindre chez les sujets DPP-4 (8,2 /1.000 PA) que chez les sujets sulfonylurée (11,7 événements/1.000 PA).

• sujets ayant initié un traitement par un agoniste des récepteurs du GLP-1 (n=501, suivi moyen, 397 jours) ou par une sulfonylurée (n=16.409, suivi moyen, 292 jours).

Globalement, les sujets GLP-1 étaient plus jeunes, plus souvent de sexe féminin, avaient eu plus de prescriptions au cours de l'année précédant leur entrée dans la cohorte et avait une hémoglobine glyquée plus basse au départ.

Dans ce groupe, l'incidence de dépression et d'automutilation, était supérieure chez les sujets GLP-1 (18,2 /1.000 PA) que chez les sujets sulfonylurée (13,6 événements/1.000 PA). Il est conclu que ces résultats sont rassurants puisqu'ils ne mettent pas en évidence d'association cliniquement pertinente entre les traitements d'intérêt et la dépression ou l'automutilation. En effet, les différences brutes et ajustées constatées entre les inhibiteurs de la DPP-4 ou les agonistes des récepteurs des récepteurs du GLP-1 et les sulfonylurées ne sont pas significatives.

JM Gamble et al. BMJ Open. 2018; 8: e023830. https://bmjopen.bmj.com/content/8/10/e023830.long

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