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L'incontinence trop souvent perçue comme une fatalité, estime le KCE

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L'incontinence n'est pas une fatalité, insiste jeudi le centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE). Lors de son étude de l'efficacité des forfaits attribués par l'Inami, sous certaines conditions, à des personnes souffrant de ce trouble, le centre s'est aperçu que cet argent était surtout utilisé pour acheter des langes alors qu'il devrait s'agir d'une solution de dernier recours et que d'autres traitements existent.

8 novembre 2018

"Perte indésirable et involontaire d'urine ou de selles", telle est la définition, plutôt large, de l'incontinence. Selon les résultats de l'enquête de Sciensano sur la santé des Belges en 2013, le KCE estime qu'environ 400.000 personnes en souffrent. Un problème plutôt répandu qui peut donner droit, selon certaines conditions, à un forfait annuel de l'Inami.

Il en existe deux sortes: le "petit", à hauteur de 165 euros, octroyé pour l'incontinence urinaire non traitable, et le grand (506 euros), attribué aux personnes souffrant d'incontinence urinaire et/ou fécale et qui se trouvent en situation de dépendance (soins à domicile, aidant proche). Environ 108.000 patients en ont bénéficié en 2016.

Les chercheurs du KCE se sont aperçus que l'existence de ces forfaits reste largement méconnue, tant par les patients que par les professionnels de la santé. Une partie du public concerné en est exclue et les critères d'octroi devraient être mieux définis, pointe également le centre fédéral.

En outre, lorsqu'ils sont utilisés, ces forfaits servent surtout à acheter des langes, "ce qui d'après les recommandations internationales, ne devrait être qu'une solution de dernier recours ou une aide complémentaire à un traitement", souligne le KCE. Par ailleurs, le marketing des protections absorbantes présente souvent l'incontinence comme un phénomène normal lié à l'âge, déplore-t-il. Résultat: au lieu d'aborder le sujet avec son médecin, on se tourne directement vers les langes.

L'incontinence peut pourtant être traitée notamment avec "la rééducation et l'électrostimulation des muscles du plancher pelvien par des kinésithérapeutes spécialisés, certaines interventions chirurgicales, voire certains médicaments", explique le KCE. Des sortes de "cliniques de l'incontinence", appelées centres multidisciplinaires de périnéologie, existent également en hôpital pour les cas plus complexes.

Le KCE recommande de mieux informer les patients et les professionnels de la santé sur l'incontinence, d'utiliser les forfaits pour inciter à entamer un traitement au lieu de se replier sur des solutions "passives" et de favoriser les collaborations entre médecins, infirmiers et kinésithérapeutes.

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