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La maltraitance des enfants laisserait des traces sur l'ADN

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La maltraitance des enfants laisserait des " cicatrices moléculaires " dans l'ADN des victimes et pourraient influencer plusieurs générations. Une étude américaine montre que les abus dans l'enfance sont associés à la méthylation de l'ADN des spermatozoïdes. Ce biomarqueur pourrait être utilisé comme outil pour des enquêtes criminelles.

Luc Ruidant - 13 novembre 2018

Des travaux de psychologie ont déjà révélé qu'une personne ayant souffert de sévices physiques, psychologiques ou sexuels pendant l'enfance courre un risque plus élevé d'inégalités de développement neurologique et de santé physique. D'autre part, des expériences sur des souris ont montré que les facteurs de stress environnementaux paternels peuvent affecter la méthylation de l'ADN des spermatozoïdes et l'expression des gènes chez les descendants.

S'appuyant sur ces constats, des chercheurs ont analysé 46 échantillons de spermatozoïdes provenant de 34 hommes adultes. Ces hommes ont été soumis à un questionnaire et 22 d'entre eux ont évoqué des abus pendant l'enfance, qu'ils soient physiques, sexuels ou psychologiques.

Le résultat de l'analyse est probant. Chez les 22 victimes de sévices pendant leur enfance, 12 régions d'ADN méthylées de façon différentielle par les abus subis pendant l'enfance ont été identifiées. Elles sont responsables de la fonction neuronale (MAPT, CLU), de la régulation des cellules graisseuses (PRDM16), et de la fonction immunitaire (SDK1). Les marques de méthylation sur l'ADN, c'est ça qu'on appelle des "cicatrices moléculaires".

Les stigmates présents sur certains spermatozoïdes permettraient donc d'identifier les hommes ayant subi des mauvais traitements dès leur plus jeune âge. Une telle découverte pourrait avoir des applications pratiques dans les enquêtes pénales, par exemple, en fournissant aux enquêteurs l'âge approximatif d'une personne qui aurait laissé une trace de son ADN.

Les auteurs admettent qu'il est nécessaire de confirmer leurs résultats à une plus grande échelle.

(référence : Translational Psychiatry, 2 octobre 2018, doi : 10.1038/s41398-018-0252-1)

https://www.nature.com/articles/s41398-018-0252-1

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