Des symptômes de la schizophrénie ont été corrigés chez la souris

Des chercheurs genevois ont réussi à supprimer chez la souris adulte certains symptômes comportementaux associés à la schizophrénie. Ils y sont parvenus en augmentant l'excitabilité d'une sous-population de neurones inhibiteurs défectueux, ce qui a permis de rétablir la synchronisation des réseaux neuronaux de l'hippocampe.
De précédentes études ont montré que la schizophrénie pourrait être en partie due à un défaut de synchronisation au sein de réseaux neuronaux. Pour mieux comprendre les mécanismes en jeu, des chercheurs suisses se sont appuyés sur un modèle murin adulte présentant les caractéristiques du syndrome de délétion 22q11, aussi appelé syndrome de Di George. Cette mutation représente le risque génétique le plus élevé de développer la schizophrénie.
En étudiant, chez des souris "contrôle" et des souris 22q11, les activités rythmiques et oscillatoires des neurones de l'hippocampe, structure clé dans les altérations de la schizophrénie, le Pr Alan Carleton et ses collègues ont découvert que ces activités étaient altérées chez les souris 22q11.
Ils se sont ainsi rendu compte que la désynchronisation observée chez les souris modèles est liée à un défaut d'activité d'une sous-population de neurones inhibiteurs, appelés neurones à parvalbumine. Bien que ces cellules nerveuses soient minoritaires, leur implication dans les réseaux neuronaux est telle que leur déficit d'excitabilité entraîne une dysharmonie généralisée.
Continuant sur leur lancée, les scientifiques ont réussi à rétablir la synchronicité du réseau hippocampique des souris 22q11 en restaurant, par des approches pharmacologiques ou chimiogénétiques, l'excitabilité des neurones à parvalbumine. Conséquence : des symptômes tels que l'hyperactivité ou le déficit de mémoire ont disparu et les souris ont alors retrouvé un comportement presque "normal".
Ces résultats suggèrent qu'une intervention thérapeutique serait possible, y compris à l'âge adulte, même lorsque la maladie est bien installée.
(référence : Nature Neuroscience, 17 septembre 2018, doi : 10.1038/s41593-018-0225-y)