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RGO réfractaire aux IPP, une prévalence surestimée

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La taille réelle de la population atteinte de reflux gastro-oesophagien (RGO) ne répondant pas aux inhibiteurs de la pompe à proton (IPP) est mal connue.

Dr Jean-Claude Lemaire - 21 novembre 2018

Une équipe italienne apporte des éléments utiles à la pratique avec un travail portant sur 573 patients consécutifs piètres répondeurs aux IPP.

L'objectif était d'une part d'évaluer la prévalence des vrais non-répondeurs et chez ces patients d'apprécier la contribution du reflux oesophagien non érosif, de l'hypersensibilité au reflux et des brûlures d'estomac fonctionnelles.

Au sein de la population globale, les investigateurs ont évalué la fréquence et la sévérité de plusieurs manifestations (brûlures d'estomac, régurgitations, douleur dans la poitrine, dysphagie, éructations, douleur épigastrique, mal-être post-prandial, syndrome du côlon irritable, sensation de boule dans la gorge et symptômes ORL). Les sujets avec oesophagite érosive endoscopique et ceux dont les symptômes prédominants étaient extra-oesophagiens ont été écartés, aboutissant à une population de 297 patients sans oesophagite érosive et avec manifestations oesophagiennes prédominantes

Parmi ces patients 92 rapportant éprouver au moins un symptôme oesophagien au minimum 3 fois par semaine ont été considérés comme réfractaires. Ils ont été traités par ésoméprazole à la dose de 40 mg une fois par jour pendant 8 semaines puis ré-évalués.

Au total 60 de ces 92 patients n'ont pas répondu au traitement et ont eu une pH-impédancemétrie intra-oesophagienne de 24 h. Les données de cet examen indiquent que le reflux oesophagien non érosif, l'hypersensibilité au reflux et les brûlures d'estomac fonctionnelles représentent respectivement 32%, 42% et 26% du groupe de patients réellement réfractaires aux IPP.

Au total, dans ce travail mené dans un centre de soins secondaire, les patients réellement réfractaires sont moins nombreux que ce qu'indique la littérature. Après un historique minutieux et un traitement optimal en IPP la prévalence est d'environ 20% (90/297) et le reflux oesophagien non érosif n'est retrouvé que dans un tiers des cas.

M Ribolsi et al. Aliment Pharmacol Ther. 2018; 48: 1074-81. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/apt.14986

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