La dyspepsie fonctionnelle réfractaire a-t-elle trouvé son traitement ?

Certes les directives sont en faveur du recours aux neuromodulateurs, mais force est de constater que cette option manque cruellement de preuves solides.
Ce qui fait tout l'intérêt de l'essai monocentrique (on ne peut pas tout avoir !) randomisé contrôlé ayant testé en double aveugle et versus placebo l'impact de l'imipramine chez des sujets consécutifs adultes (18-80 ans) avec dyspepsie fonctionnelle Rome II.
Les patients inclus étaient négatifs pour H pylori, avaient une endoscopie gastro-intestinale haute et une échographie abdominale normales, mais restaient symptomatiques après un traitement administré en non-aveugle consistant en 8 semaines d'ésoméprazole et 4 semaines de dompéridone.
Après avoir rempli des questionnaires à propos de la dyspepsie, de l'humeur et de l'insomnie, les patients ont été randomisés vers un bras imipramine (25 mg une fois par nuit pendant 2 semaines puis 50 mg, n=55) ou vers un bras placebo (n=52), le traitement durant 12 semaines. Le critère d'évaluation principal était l'obtention d'un soulagement globalement satisfaisant des symptômes de la dyspepsie à 12 semaines (auto-déclaration). Ce critère principal d'évaluation a été satisfait chez 35 patients du bras imipramine (63,6%) versus chez 19 patients du bras placebo (36,5%), la différence entre les deux bras étant significative (p = 0,0051).
Dont acte, mais 10 patients (18%) du bras imipramine ont interrompu l'étude en raison d'événements indésirables (sécheresse de bouche 3, constipation 2, somnolence 2 et insomnie, palpitations, vision trouble 1 cas de chaque) versus 4 patients (8%) du bras placebo (sécheresse de bouche + constipation 1 et palpitations, aggravation du reflux gastro-oesophagien et paresthésie d'un membre 1 cas de chaque).
Les investigateurs signalent qu'il n'y a pas eu d'effet indésirable grave, mais concluent fort prudemment que l''imipramine à faible dose peut être envisagée comme possible traitement possible chez les patients avec dyspepsie fonctionnelle réfractaire aux IPP et aux procinétiques, mais que les patients doivent être avertis du profil d'effets indésirables de cette option.
PK Cheong et al. Lancet Gastroenterol Hepatol. 2018; 3: 837-44. https://www.thelancet.com/journals/langas/article/PIIS2468-1253(18)30303-0/fulltext