Bien dans son assiette, mieux dans sa tête !

Une équipe internationale a procédé à une méta-analyse sur la manière dont notre alimentation peut affecter notre santé mentale. La " malbouffe " est associée à un plus fort risque de dépression. A l'inverse le régime méditerranéen le réduit d'un tiers.
Les auteurs ont retenu 20 études longitudinales et 21 transversales. En se basant sur les données de 36 556 adultes dans cinq pays - l'Australie, la France, l'Espagne, les États-Unis et le Royaume-Uni -, ils ont pu observer que l'adoption du régime méditerranéen (alimentation riche en fruits et légumes, poissons et céréales) est associée à une diminution de 33% d'un risque de dépression, pathologie qui affecte plus de 300 millions de personnes dans le monde (7% des femmes et 4% des hommes) et qui représente la maladie du cerveau la plus coûteuse d'Europe.
A contrario, un régime alimentaire pro-inflammatoire, riche en acides gras saturés, en sucre, et en produits raffinés est associé à un plus fort risque de dépression. L'impact de notre alimentation sur le risque de dépression reposerait donc sur le niveau d'inflammation.
Pour Tasnime Akbaraly, chercheuse à l'Inserm, cette méta-analyse confirme que nos habitudes alimentaires contribuent à la survenue de troubles dépressifs et elle encourage à généraliser le conseil nutritionnel lors des consultations médicales car cela peut aider les patients dépressifs.
Reste à confirmer les résultats obtenus par des essais cliniques. Rappelons aussi que des études précédentes ont déjà montré l'importance du régime alimentaire dans le fonctionnement et la composition du microbiote intestinal, venant directement impacter le lien entre l'intestin et le cerveau de telle sorte que cette relation pourrait jouer un rôle clef dans les troubles dépressifs.
(référence : Molecular Psychiatry, 26 septembre 2018, DOI : 10.1038/s41380-018-0237-8)